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Tsvangirai de nouveau interpellé par la police

Alors qu'il est en campagne pour le second tour de la présidentielle, prévu le 27 juin, le leader de l'opposition a été interpellé pour la seconde fois en trois jours. Il a été relâché après deux heures de détention. (Récit : N. Germain)

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La police zimbabwéenne a arrêté vendredi, pour la seconde fois en trois jours, le chef de l’opposition Morgan Tsvangirai. Retenu pendant deux heures, il a ensuite été relâché sans qu’aucune charge n’ait été retenue contre lui. De leur côté, les ONG exprimaient leur indignation d’avoir été renvoyées du pays. 

 

Des officiers armés ont accompagné le chef du parti d’opposition le Mouvement pour le changement démocratique (MDC), jusqu’à un poste de police après qu’il a ignoré l’ordre de ne pas faire campagne pour le deuxième tour de la présidentielle, a expliqué le président de son parti. 

 

"Nous avons reçu l'ordre de nous rendre au commissariat d'Esigodini", a expliqué à l'AFP le directeur général du Mouvement pour le changement démocratique (MDC), Lovemore Moyo, alors qu’il se rendait au poste avec Tsvangirai.

Au moins deux policiers armés de fusils d'assaut ont escorté le convoi jusqu'au commissariat, où M. Tsvangirai a été retenu pendant près de deux heures avant d'être relâché, selon M. Moyo.

 

Tsvangirai, qui affrontera devant les urnes le président Robert Mugabe pour le second tour de la présidentielle prévu le 27 juin, avait déjà été retenu près de neuf heures au commissariat de Lupane (sud) avant d'être remis en liberté sans inculpation.

 

Le dernier problème rencontré par le leader de l’opposition avec les autorités survient juste après que le gouvernement a déclaré que les ONG pouvaient reprendre leurs activités si elles promettaient de ne pas se mêler aux questions politiques.


Le gouvernement les accuse de sciemment soutenir l’opposition dans sa course à la présidentielle.

 

Rassemblements interdits à Harare

 

On apprend aussi ce vendredi, par la voix du MDC, que les rassemblements de l'opposition sont désormais interdits à Harare. La police affirme ne pas être en mesure d'assurer la sécurité des dirigeants.

  

La veille, des diplomates américains et britanniques ont été pris à partie à un barrage routier.


Les autorités accusent les diplomates, dont la détention a provoqué une réponse furieuse de Washington et Londres, de s’être comportés comme des "petits criminels" en refusant de coopérer avec la police.

 

Dans un pays en proie aux pénuries alimentaires, les associations jouent pourtant un rôle central dans son pays, distribuant des produits de base, tels que du maïs ou de l'huile de cuisson, quasiment absents des magasins.

 

Les relations entre les associations humanitaires et le régime de Robert Mugabe ont toujours été tendues, le gouvernement obligeant les ONG à passer par les officiels locaux pour faire leur travail.

  

"Nous avons demandé à toutes les ONG de présenter une nouvelle demande" d'accréditation, a précisé à l'AFP le ministre adjoint de l'Information Bright Matonga.

Accusant les organisations non gouvernementales de s'être "comportées comme des partis politiques", il a exigé "qu'elles disent clairement quelles sont leurs intentions" et qu'elles soient liées par ces déclarations.


L'organisation Save The Children est très inquiète des conséquences de la suspension des opérations d'aide au Zimbabwe, notamment pour les enfants les plus vulnérables (...) qui ont besoin de son aide", a réagi Dominic Nutt, porte-parole de l'association.

 

L'ONU et l'UE montent au créneau

 

Les Nations Unis ont prévenu que de telles mesures mettraient gravement en péril leurs activités dans le pays. Pour sa part, Louis Michel, le commissaire à l'Aide humanitaire de l’Union Européenne, a immédiatement demandé la levée de cette mesure.

 

L’opposition a, quant à elle, déclaré qu’il était ridicule de blâmer des associations humanitaires pour l’impopularité du gouvernement.

 

La prise de contrôle du parlement par le MDC lors des élections législatives le 29 mars a été le coup le plus dur qu’à eu à encaisser Robert Mugabe depuis sa prise de pouvoir à l’indépendance du pays en 1980.


Tout comme elle accuse les ONG d’être contre le gouvernement, l’administration de Mugabe reproche aux Etats-Unis, au Royaume-Uni, l’ancienne puissance coloniale, et aux autres pouvoirs occidentaux de soutenir l’opposition.


Lors de son discours au sommet de la FAO à Bruxelles cette semaine, Mugabe a accusé les pays occidentaux d’essayer de faire changer le régime illégalement.

                                                                                                   
A Washington, la secrétaire d’Etat Condoleezza Rice a déclare que “la situation au  Zimbabwe [était] difficile et grave" à la veille du second tour de l'élection.

 

 

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