FRANCE - GRECE

Sarkozy en Grèce pour "une nouvelle alliance"

A trois semaines du début de la présidence française à la tête de l'Union européenne, Nicolas Sarkozy appelle de ses vœux à un rapprochement entre les deux pays, "au service de la construction de l'Europe". Correspondance : A. Kefalas

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Nicolas Sarkozy, premier chef d'Etat français en visite officielle en Grèce depuis plus d'un quart de siècle, a appelé vendredi à "une nouvelle alliance" entre Paris et ce pays francophile, où les autorités lui ont réservé un accueil chaleureux.

Le chef de l'Etat s'est exprimé peu après son arrivée à Athènes devant la Vouli, l'Assemblée grecque.

Seuls trois autres présidents avaient été admis jusqu'ici à parler devant les députés grecs: un Français, le général de Gaulle, et deux Américains, Eisenhower et George Bush père.

"Je mesure l'honneur qui m'est fait et, à travers moi, l'honneur qui est fait à la France", a déclaré M. Sarkozy, applaudi à plusieurs reprises par les élus. Parmi eux, de nombreux francophones avaient délaissé le casque retransmettant la traduction pour l'écouter en direct.

Les députés grecs l'ont particulièrement applaudi lorsqu'il a, à plusieurs reprises, fait allusion à ses origine grecques - son grand-père maternel est issu de la communauté juive de Salonique (nord).

"Lorsque mon grand-père, que j'adorais, a quitté Salonique, qu'il adorait, il était bien jeune et il n'imaginait certainement pas que son petit-fils reviendrait en Grèce quelques décennies plus tard", a dit M. Sarkozy.

Cette histoire fait l'objet en Grèce d'un livre intitulé "Moi, le petit-fils d'un Grec", qui est un succès de librairie (huit éditions, 17.000 exemplaires vendus dans un pays de 11 millions d'habitants).

"Un sentiment profond d'amitié nous anime. Ce lien particulier entre la France et la Grèce, depuis 1974, depuis le retour d'exil de Constantin Caramanlis après les années sombres, un slogan l'incarne: +Grèce, France, Alliance+", a-t-il ajouté.

M. Sarkozy évoquait le retour en Grèce de l'homme politique Constantin Caramanlis après la chute de la dictature des Colonels, dans l'avion de la République française prêté par le président d'alors, Valéry Giscard d'Estaing.

Reconnaissants, les Grecs avaient lancé le slogan "Grèce, France, Alliance", encore présent dans les mémoires.

"Face aux défis du monde, dans une Europe où aucun pays ne peut avancer seul, tout ce qui nous rapproche fait notre force. Dans cet esprit, je suis venu aujourd'hui vous proposer un nouveau pacte entre nous: +Grèce, France, nouvelle alliance+", a-t-il ajouté.

Il a assuré aux parlementaires grecs, qui doivent prochainement adopter le Traité de Lisbonne, que leur ratification serait "une étape importante pour convaincre tous les Européens" de "relever tous ensemble les défis d'aujourd'hui: la lutte contre le changement climatique, l'énergie, l'immigration, la défense et la sécurité, l'agriculture" qui seront "les priorités de la présidence française de l'UE", à partir du 1er juillet.

"Ce traité n'est pas parfait mais il met fin à dix années de débats institutionnels (...) La résolution de la crise, c'est quand nous aurons démontré aux Grecs comme aux Français que l'Europe est là pour les protéger et non pas pour les inquiéter", a-t-il martelé.

Alors que l'Irlande se prononcera le 12 juin par référendum sur le traité de Lisbonne, un sondage vient de placer pour la première fois le "non" en tête, réveillant le spectre d'une paralysie de l'Europe.

M. Sarkozy a particulièrement insisté sur "le pacte européen sur l'asile et l'immigration" qu'il proposera aux 26 autres membres de l'UE, tout en assurant à la Grèce, en butte à un afflux massif d'immigrés en route vers l'Europe de l'ouest, que son problème était aussi "le problème de la France".

Vendredi soir le Président français sera rejoint en Grèce par son Premier ministre François Fillon. Les deux hommes, qui dîneront avec Costas Caramanlis, s'envoleront samedi pour le Liban.
 

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