CHIRAC - JUSTICE

Perquisitions chez l'avocat de Jacques Chirac et à la DGSE

Ces perquisitions ont eu lieu dans le cadre de l'enquête sur l'existence éventuelle d'un compte bancaire de Jacques Chirac au Japon, et sur la disparition du journaliste Jean-Pascal Couraud en 1997, hostile à Gaston Flosse.

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Des perquisitions visant à vérifier l'existence éventuelle d'un compte bancaire de Jacques Chirac au Japon ont été menées mercredi et jeudi par un juge de Tahiti à Paris, aux services secrets et chez l'avocat de l'ex-chef de l'Etat.

Le juge Jean-François Redonnet, chargé de l'enquête sur la disparition en 1997 d'un journaliste, s'est rendu mercredi à la DGSE pour se faire remettre des documents, a-t-on appris auprès d'une source proche des services de renseignement, qui a confirmé une information du journal Le Monde.

 

Le magistrat s'intéresse selon Le Monde à 17 documents classifiés "secret" liés à cette affaire. Il n'a pu cependant les emporter, car ils ont été placés sous scellés en attendant une éventuelle décision de déclassification, ce qui relève du ministère de la Défense.

 

Par ailleurs, le magistrat s'est rendu jeudi au cabinet de Me Jean Veil, avocat de Jacques Chirac, pour se faire remettre un courrier d'une banque japonaise affirmant que le supposé compte japonais n'avait jamais existé, a expliqué Me Veil à Reuters.Le bâtonnier de Paris Christian Charrière-Bournazel, présent comme le veut la procédure en cas de perquisition chez un avocat, a refusé la saisie du document, qu'il estime couvert par le secret professionnel, a-t-il précisé.

 

Le document a été placé sous scellé et un juge des libertés devra trancher sur son éventuelle remise au magistrat.Ce document a déjà été rendu public par Me Veil, qui refuse cependant sa remise. "C'est une question de principe. Le juge n'avait pas le droit de venir à mon cabinet dans la mesure où je ne suis suspecté d'aucun délit ou crime, il est venu en fraude. On ne peut pas créer de précédent", a dit Me Veil.Jacques Chirac ne souhaite faire aucun commentaire sur cette affaire, a précisé Me Veil.

 

Disparition d'un journaliste

 

Le magistrat de Tahiti agit dans le cadre d'une enquête ouverte pour "assassinat" sur la disparition en 1997 du journaliste Jean-Pascal Couraud, hostile à Gaston Flosse, président de la Polynésie française et proche de Jacques Chirac.Un ex-membre du service d'ordre de la présidence de Polynésie a affirmé sans fournir de preuves que le journaliste avait été battu à mort avant d'être jeté en mer.

 

C'est en marge de l'affaire Clearstream qu'ont été découverts, dans les archives du général Philippe Rondot, des éléments d'enquête de la DGSE sur le supposé compte bancaire Chirac au Japon, dont l'existence n'a jamais pu être démontrée.Le bureau de Tokyo de la DGSE, menant en 1996 une enquête de routine sur le banquier Soichi Osada, ami de l'ancien maire de Paris qui voulait investir en France, a fait état dans une note envoyée à Paris d'un compte bancaire détenu par Jacques Chirac et crédité de 300 millions de FF, sans plus de détails.

 

Le général Rondot, qui a mené une enquête en 2001 sur cette affaire, à la demande de l'Elysée, avait confirmé devant les juges cette information en mars 2006, dans une audition, précisant que le compte était ouvert à la Tokyo Sowa Bank.Il est ensuite revenu dans la presse sur ses déclarations, avant de refuser de répondre aux juges, même lorsqu'ils l'ont fait conduire par la force dans leur bureau en mai 2006.

 

Des documents sur ce compte japonais supposé saisis chez le général Rondot, versés au dossier Clearstream, établissent une apparence de lien avec la Polynésie. Ils contiennent des messages de la DGSE, des relevés bancaires japonais et des notes évoquant Gaston Flosse.
 

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