SOMALIE - VIOLENCE

Un correspondant de la BBC tué en Somalie

Nafteh Dahir, un journaliste indépendant travaillant notamment pour la chaîne de télévision britannique BBC, a été tué par balles dans la ville portuaire de Kismayo, en Somalie. Il avait été menacé de mort à plusieurs reprises.

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Le correspondant local de la BBC à Kismayo a été assassiné par balle samedi dans cette ville du sud de la Somalie, a-t-on appris auprès de sa famille et de la BBC.

Nafteh Dahir "a succombé à ses blessures", a déclaré à l'AFP un membre de sa famille, Mohamed Aden, en précisant que le journaliste avait été attaqué au moment où qu'il regagnait son domicile.

La mort du journaliste, qui travaillait pour plusieurs médias étrangers, a été confirmée par la BBC à Londres et par plusieurs de ses collègues.

"Nous pouvons confirmer que Nasteh Dahir a été tué par un homme armé. Il travaillait comme journaliste indépendant pour la BBC ainsi que pour d'autres médias. Nous sommes choqués par ce qui s'est passé et tentons d'obtenir des informations supplémentaires", a précisé un porte-parole de la BBC à Londres.

Une des consoeurs de la victime, Sarah Ali, avait auparavant déclaré à l'AFP que Nafteh Dahir était dans le coma à l'hôpital de Kismayo (500 km au sud de Mogadiscio) après que des assaillants non identifiés l'eurent blessé par balle. Il aurait été touché notamment au niveau de l'épaule.

Dans un communiqué, l'ONG Reporters sans frontières (RSF) s'est, quant à elle, dite "profondément bouleversée" par cet assassinat.

Elle rappelle que Nasteh Dahir était "vice-président de son organisation partenaire en Somalie, la National Union of Somali Journalists (NUSOJ)", et qu'il "avait été menacé de mort à plusieurs reprises".

"La liste des morts ne cesse de s'allonger sans que les autorités ne prennent de mesures pour juguler la violence dont les journalistes sont la cible. Cet immobilisme est scandaleux alors que la Somalie est le pays le plus meurtrier d'Afrique pour les professionnels des médias. Huit d'entre eux y ont trouvé la mort l'année dernière", a souligné RSF.

Vendredi, Nasteh Dahir avait dit craindre pour sa vie en raison de l'insécurité croissante dans la ville portuaire de Kismayo.

"Je ne sais pas si je peux encore travailler dans cet environnement hostile. J'ai tellement peur", avait-il expliqué à un journaliste de l'AFP.

Le mois dernier, un travailleur humanitaire somalien avait été tué par balle par des inconnus à Kismayo. En janvier, trois employés de l'organisation Médecins sans frontières (MSF) avait été assassinés dans la même ville, ce qui avait conduit l'organisation humanitaire à mettre fin à toutes ses activités à Kismayo.

La Somalie, en guerre civile depuis 1991, a été le second pays le plus dangereux après l'Irak pour les journalistes en 2007, relève le Comité de protection des journalistes (CPJ).

Selon la Coalition somalienne pour la liberté d'expression, "au moins huit journalistes ont été tués, cinq blessés et 42 autres ont été arrêtés" l'an dernier.

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