ALGERIE - ATTENTAT

Double attentat devant une gare à l'est d'Alger

Deux bombes ont explosé dimanche dans une gare ferroviaire de Beni Amrane, située à une cinquantaine de kilomètres à l'est d'Alger. Au moins douze personnes seraient mortes, dont un ingénieur français. (Récit : P. Godart)

Publicité

L'entreprise française, dont un ingénieur a été tué dans un attentat en Algérie, a rappelé en France les trois autres Français qui travaillaient sur le chantier.

 

L’ingénieur Pierre Nowacki a été tué dimanche par l'explosion d'une bombe actionnée à distance quand sa voiture sortait du chantier, près de Lakhdaria (est d'Alger). Son chauffeur algérien a été également tué. Une seconde bombe a explosé, tuant 11 autres personnes, dont 8 soldats qui escortaient l’ingénieur. Les deux explosions n'ont pas encore été revendiquées.

 

"Nous venons de décider que les trois autres Français qui travaillaient sur le chantier prendraient aujourd'hui même l'avion pour Paris", a déclaré à l'AFP Jean-Marie Sifre, directeur de la communication de BTP Razel, l’entreprise qui s’occupe du chantier - la réparation d'un tunnel ferroviaire. "Pendant un certain temps, le chantier peut fonctionner sans personnel français", a ajouté M. Sifre.

 

Trois employés de Razel avaient été blessés en septembre dernier lors d'un attentat suicide revendiqué par Al-Qaïda au Maghreb islamique.

 

“C’est bien la présence française qui était visée par les terroristes dimanche", selon Jean-Bernard Cadier, spécialiste politique internationale à FRANCE 24. "C’est la première fois, depuis les années 1990 qu’un ressortissant français est tué dans un acte de violence politique en Algérie." (Lisez son commentaire.)

 

"C’est évidemment très inquiétant", poursuit-il, "surtout au moment où la France tente de clarifier ses liens avec l’Algérie. Que peut être l’Union pour la Méditerranée si les gens de la rive nord ont trop peur d’aller travailler sur la rive sud ?"

 

Le double attentat de dimanche est la troisième attaque mortelle en cinq jours. Il a eu lieu dans la province de Boumerdès, où les rebelles islamistes sont actifs. Six soldats algériens ont été tués jeudi dans la province quand leur convoi a sauté sur une mine.

 

A Paris, Nicolas Sarkozy a adressé un message au Président de l’Algérie, Abdelaziz Bouteflika, "condamnant sans appel les violences barbares et aveugles dont le peuple algérien continue de souffrir".

 

Plusieurs sociétés françaises ont décidé en 2007 de renvoyer chez elles les familles de leurs salariés après un appel du numéro deux d'Al-Qaïda, Ayman al Zaouahiri, aux islamistes du Maghreb à "nettoyer" leurs pays des Espagnols et des Français.

Le résumé de la semaineFrance 24 vous propose de revenir sur les actualités qui ont marqué la semaine