ZIMBABWE

L'opposition zimbabwéenne autorisée à se rassembler

La justice du Zimbabwe a décidé que la police ne pourrait plus interdire les rassemblements de l'opposition. Le pays est sous tension à moins d'un mois du 2nd tour de la présidentielle. (Récit : K. Yahiaoui)

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La justice zimbabwéenne a décidé samedi que la police ne pourrait plus interdire les rassemblements à Harare de l'opposition, qui accuse le régime de Robert Mugabe de mener "une campagne de terreur" avant le second tour de l'élection présidentielle du 27 juin.

Dans le même temps, la police zimbabwéenne a de nouveau arrêté samedi un député de l'opposition et le gouvernement a décidé d'imposer une importante taxe d'importation sur les journaux étrangers, accusés d'"hostilité" envers le régime.

L'opposition a au moins remporté une victoire judiciaire, samedi, quand "le juge a ordonné que les rassemblements seraient autorisés et que la police ne devait pas les interrompre", selon Charles Kwaramba, avocat auprès du Mouvement pour le changement démocratique (MDC).

Le porte-parole du MDC, Nelson Chamisa, a salué cette décision tout en déclarant que son parti n'aurait pas dû être contraint à intenter une action en justice.

"Pourquoi devons-nous aller devant la haute cour de justice à chaque fois que nous souhaitons rencontrer nos supporteurs?", a-t-il déclaré à l'AFP. "Les rassemblements vont se dérouler comme prévu à l'exception de ceux qui devaient se dérouler aujourd'hui" , a-t-il dit.

Le MDC avait introduit un recours devant la haute cour de justice à Harare vendredi soir après que la police eut refusé d'autoriser ses rassemblements dans les bidonvilles de Glen Norah, Kambuzuma, Mufakose et Chitungwiza.

A Johannesburg, le Congrès national africain (ANC), parti au pouvoir en Afrique du Sud, s'était dit "très inquiet" vendredi de la situation au Zimbabwe, en évoquant les interdictions de meetings.

Morgan Tsvangirai, 56 ans, doit affronter au second tour de la présidentielle le président sortant Robert Mugabe, 84 ans, dont 28 au pouvoir.

Au premier tour de la présidentielle, M. Tsvangirai avait obtenu 47,9% des suffrages contre 43,2% au président Mugabe.

Le quotidien gouvernemental The Herald a indiqué samedi que 28 militants du MDC et huit du parti au pouvoir avaient été interpellés à Buhera (sud-ouest) après la découverte d'armes blanches. Selon l'opposition, quelque 70 militants du MDC ont été arrêtés la semaine dernière à Buhera.

M. Tsvangirai avait lui-même été arrêté vendredi, retenu au commissariat, puis relâché, pour la deuxième fois en une semaine.

Samedi, la police zimbabwéenne a annoncé l'arrestation à son domicile du parlementaire Eric Matinenga, élu en mars, qui avait déjà été détenu la semaine dernière pour incitation à la violence publique. "Il a été arrêté, pour les mêmes raisons", a indiqué à l'AFP le porte-parole de la police zimbabwéenne.

Une semaine plus tôt, la police avait arrêté ce député en l'accusant d'avoir payé des opposants pour attaquer des sympathisants du parti au pouvoir. Il avait été libéré après qu'un tribunal eut déclaré qu'il n'y avait pas de raisons de le détenir, selon son avocat.

Samedi, le MDC a appelé à l'aide la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC), l'Union africaine (UA) et les Nations unies.

"Nous avons besoin d'une intervention de nos voisins pour mettre un terme à cette campagne de terreur", a déclaré Nelson Chamisa, ajoutant: "Nos partisans sont tués et si cela continue au lieu de compter les voix après le scrutin, nous allons compter les cadavres".

Dernière restriction annoncée samedi à Harare: l'imposition d'une taxe d'importation sur la presse étrangère. Le chef de l'Etat depuis 1980 a fustigé "l'hostilité des journaux étrangers pénétrant au Zimbabwe", désormais classés comme produits de luxe et taxés à 40% de leur coût total par kilogramme.

Le régime de Robert Mugabe avait déjà suscité un tollé international en fin de semaine, lorsqu'il avait suspendu l'accréditation des organisations non gouvernementales opérant dans le pays, accusées de s'être "comportées comme des partis politiques".
 

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