MUSIQUE - ENVIRONNEMENT

Radiohead innove avec la tournée écolo

Le groupe de rock Radiohead a convié l'association Les Amis de la terre à sa tournée européenne afin de superviser leurs concerts et de vérifier qu'ils sont écologiquement corrects.

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Radiohead utilise son statut pour proclamer urbi et orbi que l'environnement le préoccupe: le groupe le plus respecté de la planète pop-rock entamera lundi le volet français d'une tournée mondiale qui promeut autant sa musique que l'écologie.

Le quintette anglais emmené par le chanteur Thom Yorke donnera cinq concerts en France: lundi et mardi à Paris-Bercy, les 14 et 15 juin aux Arènes de Nîmes puis le 6 juillet à Arras. Les quatre premiers sont complets. La dernière venue de Radiohead dans l'Hexagone remonte au 26 août 2006, au festival Rock en Seine.

Le groupe a invité l'association écologiste Les Amis de la Terre à le rejoindre pour ses spectacles en Europe, qui débutaient vendredi à Dublin, un mois après le coup d'envoi de la tournée mondiale aux Etats-Unis.

L'association demandera aux spectateurs de soutenir la campagne "The big ask", qui réclame un programme européen de réduction des gaz à effet de serre. Yorke avait participé au lancement de la campagne le 27 février à Bruxelles.

L'an dernier, Radiohead a engagé des analystes pour calculer l'impact écologique de sa tournée. Les Amis de la Terre assurent que le groupe s'efforce depuis de parfaire son bilan carbone "en utilisant des éclairages économes en énergie, en transportant le matériel par train ou bateau plutôt que par avion et en utilisant des matériaux recyclés".

Radiohead encourage ses fans à utiliser les transports en commun ou le covoiturage pour se rendre aux concerts et privilégie les salles de centre-ville, mieux desservies.

La branche française de la maison de disques Beggars, qui distribue le dernier album du quintette, "In Rainbows", a eu une idée nettement plus saugrenue.

Elle ne dispose que de 50 places pour les journalistes qui souhaitent rendre compte des concerts de Bercy. Elle a donc organisé un concours au prétexte de "sensibiliser les médias" au problème des gaz à effet de serre. Les journalistes devaient se présenter à vélo jeudi midi devant ses locaux parisiens. Seuls les 50 premiers ont reçu un billet.

Radiohead avait déjà fait parler de lui l'an passé pour des raisons extra-musicales.

Au terme de son contrat avec la "major" EMI, il avait décidé de se passer de maison de disques et de proposer "In Rainbows" au téléchargement sur son site dès octobre, à un prix librement fixé par les acheteurs.

Le groupe n'a jamais divulgué de bilan. Selon une enquête anglaise auprès de 3.000 acquéreurs, un tiers n'a rien payé et le prix moyen était de 4 livres (environ 6 euros).

Depuis, l'album a réintégré les circuits classiques de distribution, en CD (près de 100.000 vendus en France selon Beggars) et téléchargement payant.

L'opération avait partiellement éclipsé les qualités artistiques de "In Rainbows", pourtant frappé du sceau de l'excellence, comme toujours avec Radiohead.

Composé de Yorke, Jonny Greenwood, Colin Greenwood, Ed O'Brien et Phil Selway, le groupe d'Oxford a été révélé par la chanson "Creep", tirée de son premier disque, "Pablo Honey" (1993). Il a ensuite publié les albums "The Bends" (1995), "OK Computer", son chef d'oeuvre (1997), les expérimentaux "Kid A" (2000) et "Amnesiac" (2001), "Hail to the thief" (2003) puis "In Rainbows".

En 15 ans, Radiohead a su concilier succès commercial et expérimentation artistique, un statut rare qui lui permet de prendre des libertés avec les impératifs de l'industrie du disque.

Mais il ne peut s'en exonérer totalement: EMI, qui conserve des droits sur les albums antérieurs à "In Rainbows", a sorti un "best of" (CD et DVD) de la période 1992-2003, malgré l'opposition du groupe.

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