FRANCE - CULTURE

Chirac lance sa fondation pour le dialogue des cultures

Lors de l'inauguration de sa fondation lundi, Jacques Chirac a prononcé un vibrant plaidoyer pour la "diversité des cultures". De nombreuses personnalités françaises et étrangères ont assisté à l'événement. (Récit : C. Bruneau)

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Jacques Chirac a prononcé lundi un vibrant plaidoyer pour la "diversité des cultures". L’ancien président français a lancé lundi sa fondation dans le musée des Arts premiers qu’il a fait construire quai Branly à Paris.

Quelques centaines d’invités, parmi lesquels de nombreuses personnalités étrangères et françaises, allant de Rigoberta Menchu Tum, prix Nobel de la paix, au comédien Jamel Debbouze, se sont pressées pour assister à l’événement.

Juste avant de s’envoler pour l’Allemagne, Nicolas Sarkozy s’est également rendu au musée des Arts premiers pour féliciter son prédécesseur. L’ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, interrogé sur cette visite surprise de l’actuel chef de l’Etat français, a parlé de "rapprochement significatif" entre les présidents, notant que Nicolas Sarkozy avait "rendu hommage à Chirac" lors de sa rencontre deux jours plutôt avec le nouveau président libanais Michel Sleimane.

"Un mode nouveau de gouvernance mondiale"

Enroué mais très souriant, Jacques Chirac a plaidé pour "un mode nouveau de gouvernance mondiale". Devant une salle comble, il a appelé l'ONU et l'Unesco à organiser un sommet sur la diversité linguistique.

Son discours était construit autour des quatre thèmes de sa fondation : l’accès aux médicaments, l’accès à l’eau, la lutte contre la déforestation et la sauvegarde des langues et des cultures. "L’appauvrissement culturel s’accompagne, la  plupart du temps, de déclassement social (…). Quand une culture est niée dans ce qu’elle peut apporter à l’universel, la violence n’est jamais loin", a-t-il dit, avant d’ajouter que, "sur les quelque 6000 langues parlées aujourd’hui dans le monde, 90 % risquent de disparaître au cours de ce siècle".

Ce dernier thème, le patrimoine linguistique de l’humanité, faisait d’ailleurs l’objet d’un colloque restreint au musée du quai Branly quelques heures après le discours de lancement.

"Ex, comme expérience"

Jacques Chirac a ensuite passé la parole à certains membres du comité d’honneur, pour la plupart des ex-présidents, "des ex quelque chose, mais également 'ex' comme expérience", a ironisé Kofi Annan, secrétaire général de l’ONU de 1997 à 2006, dans un discours enjoué et plein d’humour.

Premier à s’exprimer, Joaquim Chissano, ancien président du Mozambique, s’est particulièrement attardé sur la "création d’un esprit de solidarité" et sur le problème de la pauvreté. "La paix et le développement sont intrinsèquement liés et doivent être poursuivis ensemble", a-t-il expliqué. Il a également rappelé que la pauvreté était "source de conflit non seulement dans les pays pauvres, mais aussi développés", faisant référence aux émeutes de la faim, un sujet d’actualité également repris par Federico Mayor, ancien directeur général de l’Unesco.
 

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