RUSSIE - ECONOMIE

Malaise au Forum économique de St-Pétersbourg

Les dirigeants russes ont promis aux investisseurs étrangers des réformes de fond pour poursuivre le boom économique du pays, sans réussir à dissiper le malaise provoqué par le scandale du groupe pétrolier TNK-BP.

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Les dirigeants russes ont mené une vaste opération de séduction à l'encontre des investisseurs étrangers ce week-end au Forum économique de Saint-Pétersbourg, sans parvenir à dissiper le malaise provoqué par le scandale autour du groupe pétrolier TNK-BP.

Tour à tour, le président Dmitri Medvedev et une armée de ministres et hauts fonctionnaires se sont succédés à la tribune devant quelque 2.300 délégués russes et étrangers pour leur promettre des nuées de réformes sur fonds de poursuite du boom économique russe.

Ceux-ci se sont en partie montrés sensibles à ces promesses, applaudissant dimanche le discours du premier vice-Premier ministre Igor Chouvalov, lorsqu'il a dépeint sans complaisance les plaies de la Russie: dépendance envers les hydrocarbures, démographie défaillante, Etat trop envahissant, et avancé des mesures.

Le Forum a d'ailleurs donné lieu à la signature de 17 contrats pour un montant total de 14,6 milliards de dollars, a déclaré dimanche la ministre russe du Développement économique, Elvira Nabioullina, lors de la conférence de presse de clôture.

La veille, le président Dmitri Medvedev avait lui aussi suggéré que la Russie pouvait aider le monde à se hisser hors de la crise financière et alimentaire provoquée en premier lieu par les Etats-Unis, et promis de faire de Moscou un "centre financier puissant" et du rouble "une des principales monnaies de réserve régionale".

M. Medvedev, qui est considéré comme un libéral, a succédé à Vladimir Poutine il y a un mois: il a depuis promis de renforcer l'état de droit, lutter contre la corruption et faciliter l'existence des PME russes. Son discours était très attendu par les participants au Forum.

Mais même ce moment fort n'a pas été suffisant pour distraire l'attention des participants de l'autre sujet brûlant du moment: la crise entre actionnaires russes et britanniques du groupe pétrolier TNK-BP, et le rôle de l'Etat russe dans l'affaire.

Presque tous les protagonistes du scandale étaient d'ailleurs présents au Forum, et nombre d'entre eux l'ont évoquée en public.

L'affaire fait désormais figure de test de la volonté du nouveau pouvoir politique russe d'améliorer le climat d'investissement, ont souligné plusieurs délégués.

Le groupe, troisième du pays en termes de production de brut, est détenu à égalité par la major britannique BP d'une part et trois milliardaires russes d'autre part, Viktor Vekselberg, Mikhaïl Fridman et Len Blavatnik.

Les deux parties sont en conflit ouvert sur la stratégie du groupe à l'étranger, alors que les rumeurs font rage depuis des semaines sur une entrée présumée du groupe Gazprom à son capital, ce qui permettrait le retour dans le giron de l'Etat de ses vastes réserves pétrolières.

Une hypothèse rejetée dimanche par une source gouvernementale haut placée: "Ces conversations autour d'une entrée de Gazprom (constituent) le plus mauvais scénario", a déclaré cette source à des journalistes en marge du Forum.

"Nous n'avons pas envie de nous en mêler", a renchéri le conseiller du président Medvedev, Arkadi Dvorkovitch, lors d'un point de presse en marge du Forum. "Les actionnaires ont la possibilité de régler tous leurs problèmes eux-mêmes", a-t-il ajouté.

Le secrétaire américain au Commerce, Carlos Gutierrez, avait prévenu samedi que les entreprises et le reste du monde regarderaient de près "la façon dont le problème sera traité (...). La communauté internationale souhaiterait voir un règlement transparent". D'autres hommes d'affaires ont exprimé des opinions similaires.
 

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