FRANCE - ALLEMAGNE

Sarkozy et Merkel tentent de s'accorder sur l'énergie

Réunis à Straubing (Bavière), Angela Merkel et Nicolas Sarkozy doivent montrer qu'ils sont d'accords, en principe au moins, sur les mesures à prendre en matière d'énergie, et notamment de réduction des émissions de CO2 des voitures.

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Angela Merkel et Nicolas Sarkozy devaient démontrer lundi à Straubing (Bavière) leur harmonie, notamment sur les fronts du climat et de l'énergie, à moins d'un mois de la présidence française de l'Union européenne, qui suscite en Allemagne quelques appréhensions.

Quelques heures avant la rencontre, des centaines de producteurs de bio-carburants du sud de l'Allemagne, beaucoup montés sur des tracteurs, convergeaient vers Straubing pour protester contre la concurrence des producteurs américains, plus subventionnés qu'eux.

Le président français et la chancelière allemande se retrouvent pour un sommet bilateral informel, mais doivent aussi présider à partir de 12H00 GMT un conseil de sécurité et de défense et un conseil des ministres communs. Les travaux dans cette petite ville baroque de la plaine du Danube devaient s'étaler sur six heures.

Nouveauté, le conseil des ministres se fera pour la première fois sous un format réduit, pour plus d'efficacité. Affaires étrangères et européennes, économie, environnement et défense seront seuls représentés.

Ces dernières semaines, les consultations bilatérales avant la présidence française ont été intenses. Paris et Berlin veulent accorder leurs positions en matière énergétique et climatique, les mesures projetées étant lourdes de conséquences pour leurs industries souvent concurrentes.

"L'Allemagne soutiendra la présidence française de toutes ses forces comme Nicolas Sarkozy a soutenu notre présidence", assure lundi la chancelière conservatrice dans une interview au journal de Straubing.

Paris avait soutenu en 2007 l'ensemble ambitieux de mesures pour le climat adopté par l'UE sur initiative allemande et Nicolas Sarkozy avait contribué à faire adopter le traité simplifié de Lisbonne, aujourd'hui fragilisé par l'incertitude du référendum irlandais jeudi.

"D'ici fin 2008, les décisions européennes sur le climat doivent être mises en oeuvre. Nous avons besoin d'un partage équilibré des charges. Je suis sûr que sous la présidence française, des pas décisifs seront faits", souligne la chancelière.

Berlin et Paris ne sont pas encore d'accord sur les futures normes européennes de réduction des émissions de CO2 des voitures, en dépit de progrès. Un accord détaillé n'est pas à attendre à Straubing, avait prévenu vendredi un porte-parole allemand.

L'Allemagne, producteur de grosses berlines plus polluantes que les petits modèles français, craint que son industrie ait à supporter des charges plus lourdes.

Réforme de la défense européenne, flambée des prix du pétrole, crises internationales, une longue liste de sujets attend encore les dirigeants allemand et français.

Des méfiances demeurent en Allemagne à l'égard de M. Sarkozy: "la présidence française devrait rendre l'Europe plus européenne et non pas plus française", écrit ainsi Karl-Theodor zu Guttenberg, un des ténors de politique étrangère des conservateurs allemands (CDU-CSU).

Mais, face à l'ampleur des défis mondiaux, une impulsion franco-allemande en Europe est souvent également souhaitée: "On a besoin de plus de créativité franco-allemande", ajoute ce responsable conservateur dans l'hebdomadaire Welt am Sonntag.

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