ALGERIE

Confusion sur le nombre de tués dans les attentats

Le ministère de la Défense algérien conteste le bilan meurtrier annoncé par les agences d’information, concernant le double attentat de dimanche à l’est d’Alger.

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Dimanche 8 juin, les agences de presse AFP et Reuters annoncent que l’ingénieur français Pierre Nowacki a été tué dans sa voiture par l'explosion d'une bombe actionnée à distance. Son chauffeur algérien a également été tué dans l’attaque, qui a eu lieu à 50 kilomètres à l’est d’Alger. Citant des sources de sécurité locale, les agences de presse ont rapporté qu’une seconde bombe avait explosé, tuant au moins 10 personnes, du personnel de sécurité et des pompiers.

Mais le lendemain (lundi), le ministère de la Défense algérien évoque un bilan de deux morts. "L’attaque a tué deux personnes, un Français et son chauffeur algérien qui travaillaient pour une entreprise française de travaux publics", a indiqué le ministère dans un communiqué. "Le bilan donné par certains médias est infondé", peut-on également lire.

Lundi, Reuters a aussi annoncé, citant une source de sécurité, qu’une autre attaque à la bombe s’était produite à Bouira, à 120 kilomètres à l’est d’Alger, tuant au moins 20 personnes. Une information qui a été démentie par la radio locale algérienne. Toutefois, des zones d’ombre persistent pour savoir si cet attentat a vraiment eu lieu et pour connaître le nombre de victimes.

Le responsable du bureau de l’AFP à Alger et les correspondants locaux de Reuters ont été convoqués par le ministère de l’Information dans la journée. Le ministère a accusé l’AFP d’exagérer le bilan et a reproché à Reuters de rapporter de fausses informations à propos de la bombe qui aurait explosé à une station de bus à Bouira. L’AFP et Reuters ont toutes deux fait mention du démenti du gouvernement mais ont maintenu leurs informations.

Minimiser la menace terroriste ?

Selon le spécialiste des questions internationales à FRANCE 24 Robert Parsons, le problème repose en partie sur le fait que le gouvernement n’apporte pas de source d’information régulière quand il s’agit d’attaque terroriste. “Le gouvernement essaie de les dissimuler ou tente de les interpréter de façon à ce que ce soit avantageux pour les autorités”, commente-t-il.

De plus, comme le Président algérien Abdelaziz Bouteflika est en mauvaise santé, de nombreux groupes -surtout militaires-, essaient de prendre le contrôle du gouvernement, selon Robert Parsons. “Il est probable que les journalistes aient été victimes de fausses informations en raison de la lutte perpétuelle pour la succession du gouvernement algérien”.

Fayçal Metaoui, rédacteur en chef du quotidien algérien El Watan, estime que ce n’est pas la première fois que le gouvernement semble faire de la rétention d’information. Il ajoute que le gouvernement a refusé de divulguer des informations concernant l’attaque contre le convoi militaire, le vendredi 6 juin, tuant au moins six soldats.

“Le gouvernement algérien a tendance à cacher l’information. Il est possible que l’attaque de dimanche ait bien fait 13 morts mais le gouvernement veut rabaisser le bilan à deux morts pour minimiser la menace terroriste”, commente pour FRANCE 24 Fayçal Metaoui.

L’attaque de dimanche n’a toujours pas été revendiquée. Mais par le passé, Al Qaïda du Maghreb - nouvelle appellation du Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC)- avaient revendiqué ce genre d’attaques.

La semaine dernière, l’Algérie a été victime d’une vague d’attentats. Au moins cinq attaques à la bombe ont frappé les alentours d’Alger et la région kabyle, un bastion islamiste.

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