FMI - G8

DSK pour une solution globale à la crise

Les crises alimentaire et financière exigent des solutions globales aux antipodes du "repli sur soi" protectionniste, estime le patron du FMI, Dominique Strauss-Kahn à la veille d'une importante réunion des ministres des Finances du G8.

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"Il y un ralentissement économique, un risque inflationniste comme on en a pas vu depuis longtemps, c'est le contraire du repli sur soi qu'il faut mettre en oeuvre, c'est l'ouverture des frontières, c'est la vision collective", a déclaré lundi M. Strauss-Kahn.

Le directeur général du FMI s'exprimait devant un parterre d'hommes d'affaires, de directeurs de grandes entreprises et de personnalités politiques au Forum économique international des Amériques, qui se déroule jusqu'à jeudi à Montréal.

M. Strauss-Kahn assistera ce week-end à Osaka à la rencontre des ministres des Finances du G8 (Royaume-Uni, France, Allemagne, Italie, Japon, Etats-Unis, Canada et Russie) qui devraient discuter des impacts de la crise des prêts hypothécaires à risque et de la hausse du prix des matières premières.

"Si nous sommes capables de faire passer cette idée-là (solution globale, ndlr) alors nous faisons progresser le monde vers la sortie de crise", a assuré M. Strauss-Kahn, à propos de la rencontre d'Osaka.

"Mais si chacun repart chez soi avec l'idée que l'on va résoudre ses propres petits problèmes avec ses propres petits arrangements budgétaires, et ses propres petits arrangements en matière d'inflation alors nous sombrons dans une situation qui peut durer plus ou moins longtemps", a-t-il déclaré.

La crise aux Etats-Unis du "subprime", les prêts hypothécaires à risque, a entraîné avec elle plusieurs économies en provoquant un resserrement des conditions de crédit et en menaçant l'accès de certains pays en développement aux capitaux étrangers.

A la crise financière s'ajoute la hausse des prix des matières premières agricoles qui touche de plein fouet les pays les plus pauvres de la planète et a provoqué des émeutes en Afrique, dans les Caraïbes et en Asie. Et certains pays souhaitent ne plus exporter certaines denrées, notamment le riz, afin d'assurer leur sécurité alimentaire.

"Comment est-ce qu'on peut reprocher à des pays pauvres aujourd'hui de mettre à tort des limitations aux exportations des denrées alimentaires?", s'est interrogé M. Strauss-Kahn tout en invitant ces pays à "dépasser" ce "repli sur une solution nationale".

"C'est un réflexe humain mais c'est un réflexe faux, nous le savons bien. C'est un réflexe qui consiste à exporter la famine dans le pays d'à côté", a-t-il souligné, en citant le marché mondial du riz.

Dans ce contexte financier et alimentaire trouble, M. Strauss-Kahn estime que le FMI doit "adapter" ses politiques aux besoins des différents régions mais sans jamais oublier que les vraies solutions sont globales.

"Ça ne sert à rien que nous nous réunissions régulièrement les uns les autres dans des séminaires, des conférences, pour parler de la globalisation et que nous soyons incapables d'apporter des réponses globales à des problèmes globaux", a plaidé l'ancien ministre français.

Ce dernier a toutefois souligné que la crise du "subprime" et la hausse des matières premières, les deux enjeux de l'heure, masquent des "déséquilibres plus globaux" qui seront encore présents après ces crises, a-t-il dit en citant la "situation relative de l'euro, du dollar, du yuan chinois et du yen".

L'appréciation de la devise chinoise est "trop faible", a indiqué M. Strauss-Kahn qui y voit une des causes "relativement importantes" des déséquilibres économiques mondiaux.
 

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