GREVE - GAZOLE

La grève des routiers espagnols se poursuit

Des opérations escargots bloquent la circulation des poids-lourds aux points de passage avec la France. Les transporteurs routiers espagnols réclament des compensations à la flambée des prix du gazole. (Récit : P.Paccard)

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La grève des routiers espagnols se poursuivait mardi et commençait à produire des effets, en particulier les stations services en Catalogne (nord-ouest) où des mesures d'urgence ont été prises pour assurer l'approvionnement en carburant.

"20 camions citernes encadrés par la police régionale sont partis ce matin d'une zone industrielle en direction du port de Barcelone pour s'approvisionner en essence et la distribuer dans les stations services de la région", a déclaré à l'AFP une porte-parole de la police régionale (Mossos d'Esquadra).

"Il s'agit d'éviter que toutes les stations soient vides", a souligné cette porte-parole.

Selon le président de la Fédération catalane des stations services, Manuel Amado, 40% des stations services de Catalogne ont été à court de carburant lundi après-midi.

Le secrétaire général de l'Association espagnole des vendeurs de carburants, Aevecar, Alejandro Moratilla a assuré à l'AFP qu'il n'y avait pas de menace de pénurie générale en Espagne mais des problèmes "sporadiques", en particulier dans la région de Barcelone.

"La distribution (de carburant, ndlr) est presque normale, il y a des problèmes sporadiques" résultant avant tout d'une "panique" des particuliers qui se sont rués sur les pompes, ces derniers jours, par crainte de problèmes d'approvisionnement face à la grève des camionneurs.

Du coup, les achats de carburants ont fait un bond "de 30 à 40%" ces trois derniers jours, si bien que la flotte de camions citernes n'a pu faire face à la hausse de la demande, explique M. Moratilla.

A ce phénomène se sont ajoutés des piquets de grève de camionneurs grévistes dans certains centres de distribution de carburant qui ont gêné voire empêché la sortie des camions citernes lundi, à Barcelone et dans une moindre mesure à Madrid, ajoute-t-il.

La "grève illimitée" entamée lundi à l'appel de la Fenadismer, deuxième syndicat espagnol de transporteurs routiers, se poursuivait mardi pour réclamer des mesures compensant la flambée des prix du gazole.

Mardi, plusieurs bouchons étaient à nouveau signalés en Espagne en particulier à Madrid en raison d'opérations escargot tandis que des barrages filtrants empêchaient toujours la circulation des poids lourds aux deux principaux points de passage avec la France, en Catalogne au col du Perthus et au Pays Basque à Biriatou.

Des négociations entre gouvernement et transporteurs se poursuivaient mardi matin. La Fenadismer a maintenu lundi après-midi son appel à la grève après un round de négociations jugé décevant par l'organisation.

La Fenadismer qui affirme représenter 70.000 camions sur un total de 381.000 en Espagne, réclame l'instauration d'un tarif plancher pour le transport de marchandises et une réforme de la fiscalité des carburants pour les professionnels de la route.

Les marchés de gros espagnols commencent à signaler des baisses dans les approvisionnements en produits frais, en particulier le poisson, alors que, parallèlement, les patrons pêcheurs observent une "grève illimitée" depuis 11 jours, également pour protester contre le gazole cher.

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