COREE DU SUD - SCANDALE

Le cabinet sud-coréen démissionne

De vastes et violentes manifestations ont eu raison du gouvernement de Han Seung-soo, sous le feu des critiques pour avoir autorisé la reprise des importations de bœuf américain malgré des risques sanitaires. (Récit : S. Bähr)

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Le gouvernement sud-coréen, sous le feu des critiques après avoir avalisé la reprise des importations de boeuf américain, a présenté sa démission mardi au président Lee Myung-Bak, ont indiqué les services du Premier ministre.

"Le Premier ministre et le cabinet ministériel ont offert de démissionner pour endosser la responsabilité des récents événements", selon la même source.

Selon l'agence de presse Yonhap citant des sources proches de la présidence, le président Lee pourrait accepter de remplacer quatre ou cinq membres de l'équipe du Premier ministre Han Seung-Soo.

Toutefois, un porte-parole de la présidence, Lee Dong-Kwan, a précisé qu'aucune décision n'avait été encore prise.

Des dizaines de milliers de manifestants se sont élevés ces dernières semaines contre la décision prise en avril par Séoul de renouer avec les importations de boeuf américain sous embargo intermittent depuis 2003.

Les protestataires reprochent notamment aux autorités d'avoir fait fi des inquiétudes sanitaires liées aux risques de la maladie de la vache folle (encéphalopathie spongiforme bovine).

Les rassemblements ont parfois pris un tour violent.

Un militant sud-coréen a succombé lundi à ses blessures, deux semaines après avoir tenté de s'immoler par le feu pour protester contre la décision de Séoul.

Un nouveau rassemblement est prévu mardi au cours duquel les organisateurs espèrent réunir jusqu'à un million de personnes.

Selon la police, jusqu'à 200.000 manifestants, dont 150.000 dans la capitale, doivent participer mardi soir à des veillées de prostestation à travers tout le pays.

Quelque 37.000 policiers anti-émeutes seront mobilisés, dont 20.000 à Séoul, selon la même source.

Le président Lee Myung-Bak est confronté à la plus grave crise depuis sa prise de fonction le 25 février et sa popularité ne cesse de décliner.

Ses détracteurs lui reprochent d'avoir cédé, au mépris d'inquiétudes sanitaires publiquement exprimées, à la pression de son allié américain qui a fait de la reprise des importations une condition préalable à la ratification d'un accord de libre-échange historique signé avec Séoul en avril 2007.

Face au tollé populaire, le gouvernement cherche à obtenir des amendements à l'accord d'avril tout affirmant ne pas être en mesure de renégocier sur le fond, comme le réclament les opposants.

Deux équipes de négociateurs sud-coréens ont été dépêchés lundi à Washington pour tenter de parvenir à une solution.

Séoul avait accepté en janvier 2006 de rouvrir son marché au boeuf désossé provenant de bovins âgé de moins de 30 mois, mais les autorités ont depuis rejeté plusieurs livraisons après la découverte de petits fragments d'os.

Avant l'instauration en 2003 de l'embargo, la Corée du Sud achetait pour 850 millions de dollars de boeuf américain chaque année.

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