ASTRONOMIE - NASA

Le télescope GLAST part cartographier l'espace

La Nasa va procéder, mercredi 11 juin, au lancement du télescope GLAST, en partenariat avec l'Europe, qui permettra grâce à une sensibilité inégalée aux rayons gamma de procéder à une cartographie renouvelée de la voûte céleste.

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Le télescope GLAST, que doit lancer la Nasa mercredi, va permettre d'ouvrir une nouvelle fenêtre sur l'univers en explorant ses sources d'énergie les plus puissantes, les rayons gamma, dont les gigantesques explosions illuminent régulièrement le cosmos.

GLAST (Gamma-Tay Large Area Space Telescope, ou grand télescope spatial du rayonnement gamma), cherchera également des indices pour expliquer les mécanismes d'accélération dans les pulsars, les vestiges de supernovae ainsi que les noyaux actifs de galaxies.

Ce télescope pourrait aussi aider à percer le mystère de la matière sombre qui forme environ 25% de l'univers contre seulement 5% pour la matière visible. Les 70% restants sont représentés par l'énergie du vide, qui explique l'accélération de l'expansion de l'univers en contrebalançant la force de la gravitation.

La mission GLAST "va lever un voile sur l'univers de façon nouvelle et exaltante", a résumé lundi Steven Ritz, un astrophysicien de la Nasa et responsable scientifique du projet lors d'une conférence de presse de présentation.

"Une grande partie de la communauté scientifique attend anxieusement le lancement de ce télescope", a-t-il ajouté.

"L'univers apparaît très différent en dehors de l'éventail étroit de couleurs du spectre lumineux à travers lequel nous voyons avec nos seuls yeux", a par ailleurs expliqué David Thompson, le responsable scientifique adjoint de GLAST.

"GLAST va nous donner une vision spectaculaire à travers des rayons gamma", a-t-il poursuivi. Les rayons gamma sont la forme de lumière dotée de la plus forte énergie dans le spectre électromagnétique et ne peuvent être vus à l'oeil nu.

Dans l'espace, une vision à travers les rayons gamma fait apparaître la Voie Lactée, notre galaxie, sous une forme très brillante, et montre le ciel changeant constamment avec des objets dont l'intensité lumineuse varie dans différentes échelles du temps, a expliqué cet astrophysicien.

Grâce à ses puissants instruments, GLAST sera capable de détecter des milliers de sources de rayons gamma dès sa première année de fonctionnement.

Le satellite sera doté d'un dispositif expérimental hérité des détecteurs de particules des grands accélérateurs et sa charge utile principale - le télescope LAT (Large Area Telescope) - offrira des performances bien supérieures à celles de la mission précédente, le télescope EGRET à bord du Compton Gamma-Ray Observatory, lancé par la Nasa en 1991.

A titre de comparaison, le gain en sensibilité de GLAST est tel qu'il pourra faire en quelques jours des observations qui prendraient quatre années à EGRET.

La première année de la mission sera consacrée à la cartographie complète de la voûte céleste avec une sensibilité sans précédent qui devrait permettre de découvrir de 5.000 à 10.000 sources de rayons gamma.

Le satellite GLAST emporte également à son bord un détecteur de jets de rayons-gamma, le "Glast Burst Monitor" (GBM).

GLAST est le fruit d'une collaboration internationale. Outre les États-Unis qui assurent la maîtrise d'oeuvre du projet et en financent près de 90%, l'Allemagne, la France, l'Italie, le Japon et la Suède y participent.

Sa durée de vie prévue est de cinq ans avec un prolongement probable jusqu'à dix ans.

Le lancement de GLAST par une fusée Delta II sur une orbite basse est prévu de la base de l'Armée de l'Air de Cap Canaveral en Floride (sud-est) mercredi à à 15H45 GMT (11H45 locale). La fenêtre de tir se refermera à 17H40 GMT.

Le coût total de la mission GLAST, y compris le lancement, se monte à 690 millions de dollars.

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