SOMALIE - ONU

Pas d'unanimité pour l'accord de paix en Somalie

Le gouvernement de transition et une coalition de l'opposition sont parvenus à un cessez-le-feu, qui prévoit le déploiement d'une force de stabilisation de l'ONU. Mais un chef islamiste rejette l'accord et appelle à poursuivre les combats.

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Un des plus hauts responsables des islamistes somaliens a rejeté dès mardi l'accord de cessation des hostilités signé la veille par le gouvernement et la principale coalition de l'opposition, mettant à mal une nouvelle tentative de sortir la Somalie de 17 ans de guerre.

"Nous continuerons à combattre jusqu'à la libération de notre pays des ennemis d'Allah", a déclaré cheikh Hassan Dahir Aweys, considéré comme partisan de la ligne dure au sein de la mouvance islamiste somalienne, interrogé par la radio privée de Mogadiscio Shabelle sur l'accord signé lundi à Djibouti sous l'égide de l'ONU.

"L'accord ne propose pas de calendrier de retrait des forces éthiopiennes" qui soutiennent le gouvernement somalien face aux insurgés islamistes, a poursuivi cheikh Aweys, ajoutant: "ce n'est pas clair".

"Le but de la réunion était de faire dérailler la guerre sainte dans le pays. Mais je ne crois pas que le résultat (des pourparlers) aura un quelconque impact sur la résistance en Somalie", a affirmé le chef islamiste, hostile à la présence de toute force étrangère sur le sol somalien et qui a appelé à plusieurs reprises à la "guerre sainte" contre l'Ethiopie.

Cheikh Aweys est pourtant un des membres fondateurs de l'Alliance pour une nouvelle libération de la Somalie (ARS), coalition de l'opposition dominée par les islamistes, qui a signé à Djibouti l'accord de cessation de hostilités avec le gouvernement de transition.

Recherché par les Etats-Unis qui l'accusent d'être lié à al-Qaïda, cheikh Aweys n'a pas participé à ces pourparlers, menés côté opposition par le chef de l'ARS, cheikh Sharif Sheikh Sharif Ahmed, signataire de l'accord.

Les deux hommes dirigeaient ensemble les tribunaux islamiques somaliens dont les forces avaient brièvement pris le contrôle en 2006 d'une partie de la Somalie, dont Mogadiscio, avant d'être mises en déroute par une offensive de l'armée éthiopienne et des troupes du gouvernement de transition.

Côté gouvernement, le texte a été paraphé par le Premier ministre de transition, Nur Hassan Hussein.

L'accord stipule que la cessation des hostilités doit être effective dans les 30 jours suivant sa signature et est "approuvée pour une période initiale de 90 jours renouvelable".

Il prévoit également de demander à l'ONU "d'autoriser et de déployer dans les 120 jours une force internationale de stabilisation" composée de pays "amis" de la Somalie, "à l'exclusion des pays frontaliers", donc de l'Ethiopie.

Pendant cette période de 120 jours, le gouvernement de transition "agira conformément avec la décision déjà prise par le gouvernement éthiopien de retirer ses troupes de Somalie après le déploiement d'un nombre suffisant de forces de l'ONU", selon le texte.

De son côté, l'ARS doit condamner publiquement "tous les actes de violences en Somalie et se dissocier de tout groupe armé ou de tout individu qui n'adhèrent pas à cet accord".

Depuis le début de la guerre civile en 1991 qui a fait environ 300.000 morts, une dizaine de tentatives de ramener la paix en Somalie ont fait long feu.

La prise de position de cheikh Aweys augure mal du respect de l'accord de Djibouti, arraché par le représentant spécial de l'ONU pour la Somalie, le Mauritanien Amehdou Ould Abdallah.

Le simple appel commun lancé le 16 mai par les participants aux pourparlers à laisser immédiatement l'aide humanitaire parvenir à une population épuisée par les violences et les calamités naturelles avait été foulé aux pieds dès le lendemain avec l'assassinat brutal d'un responsable d'une ONG humanitaire somalienne à Kismayo, à 500 km au sud de Mogadiscio.

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