Accéder au contenu principal

Total cède 102 millions d'euros pour les ménages en France

Total, qui a réalisé en 2007 un bénéfice net de 12 milliards d'euros, accepte de contribuer cette année encore à la "prime à la cuve de fioul" : 102 millions d'euros aideront les ménages les plus pauvres en France. (Reportage : France 2)

Publicité

Total, qui est soumis à des pressions politiques croissantes pour qu'une partie de ses bénéfices colossaux vienne alléger la facture des ménages français touchés par la hausse des carburants, contribuera cette année encore à la "prime à la cuve de fioul".

La flambée des prix des carburants alourdit la facture des automobilistes et suscite la colère de plusieurs professions en France, comme les routiers, les pêcheurs et les agriculteurs.

Le patron de Total, Christophe de Margerie, et la ministre de l'Economie, Christine Lagarde, ont annoncé lundi que le groupe français avait renouvelé son engagement à financer la "prime à la cuve de fioul", fixée cette année à 150 euros (contre 75 euros précédemment) et qui a déjà bénéficié à quelque 700.000 foyers non imposables.

M. de Margerie a indiqué que Total, premier distributeur de carburants en France, verserait 102 millions d'euros pour financer ce dispositif l'hiver prochain, comme cette année.

Par ailleurs, "Total s'est engagé à examiner de manière très favorable l'augmentation de la prime à la cuve que nous avons décidée, qui passerait donc de 150 à 200 euros", comme l'a récemment proposé le président Nicolas Sarkozy, a ajouté Mme Lagarde, après avoir reçu le directeur général de Total et des représentants de l'Union française des industries pétrolières.

Si la prime passait de 150 à 200 euros, la contribution représenterait entre 140 et 200 millions d'euros, selon le porte-parole du gouvernement Luc Chatel. Un montant qui n'a été confirmé ni par Mme Lagarde ni par le patron de Total.

Le groupe français s'est également "engagé à inciter" ses homologues étrangers à participer également à cet "effort de solidarité", a précisé la ministre.

A la demande du gouvernement, Total avait déjà participé cet hiver au financement de la "prime à la cuve", un dispositif dont le montant a été doublé par le gouvernement pour faire face à la flambée des prix du pétrole qui alourdit la facture pour les foyers les plus modestes.

Les distributeurs pétroliers ont aussi renouvelé lundi leur engagement de "systématiquement répercuter les baisses du prix du baril à la pompe, le plus vite possible, et d'autre part de lisser sur des périodes d'au moins quatre semaines toutes les hausses du prix du baril", a indiqué Mme Lagarde.

Les pressions se sont multipliées au cours du week-end. La socialiste Ségolène Royal a estimé samedi que les "profits" de Total étaient "un bien collectif" qui devaient être "prélevés" en faveur des énergies renouvelables.

Pour Bertrand Delanoë, les dirigeants de Total "se goinfrent" et il faut les "taxer" davantage.

Lundi, l'UMP a accusé les deux responsables socialistes de "démagogie" et de "populisme", en pointant le risque que Total transfère son siège hors de France. Mais le secrétaire d'Etat aux Transports, Dominique Bussereau, avait appelé dimanche le groupe à faire preuve de "solidarité".

Grâce à la flambée des prix du pétrole, Total a dégagé en 2007 le plus gros bénéfice de toutes les entreprises françaises, à plus de 12 milliards d'euros, bien qu'en léger repli par rapport à 2006.

"Le plus choquant, ce ne sont pas les profits eux-mêmes, mais leur utilisation" quand Total rachète pour 1,7 milliard d'euros de ses propres actions et augmente de 11% les dividendes de ses actionnaires, a estimé le député PS Jérôme Cahuzac.

Chez Total, on rappelle que "95% des bénéfices sont réalisés à l'étranger" et que le groupe "paie des impôts dans tous les pays où il travaille".

Le résumé de la semaineFrance 24 vous propose de revenir sur les actualités qui ont marqué la semaine

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.