CHINE - TAIWAN

La Chine et Taïwan reprennent le fil du dialogue

Après plus d'une décennie de tensions, Pékin et Taïwan reprennent le dialogue. Si la réunification est un sujet qui fâche, la reprise des vols directs entre la Chine et l'île sera elle au cœur des 4 jours de discussions. (Récit : S. Bahr)

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La Chine et Taïwan renouent mercredi le fil du dialogue après plus d'une décennie de tensions militaires et de rhétorique enflammée, mais l'épineux problème de la réunification, enjeu majeur pour Pékin, ne sera pas abordé.

Ces quatre jours de discussions, qui constitueront le premier dialogue direct depuis 1995, doivent être axés sur l'établissement de vols directs entre la Chine communiste et l'île nationaliste. Elles doivent porter également sur la possibilité pour les touristes du continent de se rendre à Taïwan.

Cependant, les analystes des deux côtés du détroit soulignent que le chemin sera long pour parvenir à un véritable dégel.

"Ces discussions sont très symboliques. Cela montre qu'il y a un climat amical, c'est assez positif", estime George Tsai, professeur en sciences politiques à l'Université de culture chinoise à Taipei.

"Mais nous devons être réaliste, il ne faut pas se faire d'illusions", ajoute-t-il.

Les communistes chinois, qui ont chassé le gouvernement nationaliste du Kuomintang vers Taïwan en 1949, considèrent l'île comme partie intégrante de la Chine et ont menacé d'intervenir militairement si ce territoire déclarait son indépendance.

Positionnant des centaines de missiles face à l'île, la Chine a menacé par le passé de l'envahir au cas où elle déclarerait son indépendance. Elle a aussi fait voter une loi anti-sécession par son parlement.

Les discussions seront menées par deux organismes semi-officiels, l'Association for Relations Across the Taiwan Strait (ARATS), côté chinois, la Strait Exchange Foundation (SEF), son équivalent taïwanais.

La décision d'aborder prioritairement des questions comme le tourisme ou les liaisons aériennes ne sont pas un hasard.

"Les conditions pour des discussions sur des sujets politiques ne sont pas encore réunies", juge Li Peng, directeur adjoint de l'Institut de recherches sur Taïwan à l'Université de Xiamen (est de la Chine).

"Les discussions à venir aborderont d'abord les sujets faciles, ensuite seulement les plus épineux, ce qui signifie en premier lieu les questions économiques, puis ensuite politiques", poursuit-il.

L'annonce fin mai de la reprise du dialogue était intervenue au lendemain d'une rencontre historique à Pékin entre les deux chefs des partis au pouvoir en Chine et à Taïwan.

L'entretien entre le président chinois et secrétaire général du Parti communiste, Hu Jintao, et le président du Kuomintang (KMT), Wu Poh-hsiung, était le premier du genre depuis 1949.

L'arrivée au pouvoir du KMT a permis de détendre l'atmosphère après la présidence de Chen Shui-bian, dont la ligne politique pro-indépendance avait non seulement irrité Pékin, mais aussi les Etats-Unis, préoccupés par toute nouvelle source de tensions dans la région.

Malgré leur rivalité, la Chine est devenue le premier partenaire économique de Taïwan, avec un volume d'échanges l'an dernier de 102 milliards en dollars.

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