ENERGIE - PRODUCTION

Première baisse de production de pétrole depuis 2002

La baisse de la production de pétrole des pays de l'Opep et une croissance faible pour les autres pays expliquent la première chute de production de pétrole depuis 2002, selon le panorama mondial sur l'énergie.

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La production mondiale de pétrole a décliné de 0,2% en 2007, son premier repli depuis 2002, tandis que la consommation a progressé de 1,1%, en léger retrait par rapport à la croissance moyenne sur dix ans, a annoncé mercredi BP dans son panorama annuel sur l'énergie.

Ce déclin de la production mondiale de pétrole, le premier depuis 2002, est dû, selon le groupe pétrolier britannique, à une baisse de la production de l'Opep sur l'année, accompagnée d'une très faible croissance de la production hors-Opep.

"La production de l'Opep a baissé de 350.000 barils par jour, du fait de l'impact cumulé des réductions de production mises en place en novembre 2006 et en février 2007", précise le rapport.

Par ailleurs, "la croissance de la production est restée faible hors-Opep, avec une progression d'un peu plus de 200.000 barils seulement en 2007", ajoute BP. Le groupe pétrolier a observé en particulier une chute de la production de l'OCDE "pour la cinquième année d'affilée".

L'essentiel de la croissance de l'offre hors-Opep a été assuré par la Russie et l'Azerbaïdjan, qui ont chacun fourni plus de 200.000 barils supplémentaires en 2007.

De son côté, la consommation mondiale de pétrole a continué à croître, mais à un rythme ralenti : elle a progressé de 1,1% en 2007, soit 1 million de barils par jour, un taux de croissance légèrement inférieur à la moyenne sur dix ans.

"La consommation dans les pays exportateurs de pétrole du Moyen-Orient, en Amérique centrale et du Sud et en Afrique, a représenté les deux-tiers de la croissance mondiale de la demande", précise le rapport. Dans les pays de l'OCDE, la demande a en revanche décliné de 0,9%, ou 400.000 barils par jour.

Les réserves mondiales de pétrole sont restées inchangées en 2007, à 1.240 milliards de barils, a par ailleurs estimé BP. "Elles suffisent à produire au niveau actuel pendant 41 ans", précise le rapport.

"Des prix volatils et élevés, reflétant un équilibre serré entre l'offre et la demande, demeurent les caractéristiques marquantes des marchés mondiaux de l'énergie", a souligné Tony Hayward, le directeur général de BP, lors de la présentation de ce rapport.

"Le déclin de la production dans les pays de l'OCDE souligne le fait que, bien que les ressources ne constituent pas une contrainte au niveau mondial, les ressources accessibles à l'investissement privé de sociétés comme BP sont limitées", a insisté M. Hayward.

"Les facteurs politiques, les barrières à l'entrée, une fiscalité élevée, tout cela joue. En d'autres termes, dès lors qu'il s'agit de produire plus de pétrole, les problèmes se situent au-dessus du sol, pas dans le sous-sol. Ils ne sont pas géologiques mais politiques", a-t-il souligné.

Selon BP, la production mondiale de gaz a progressé de 2,4% en 2007, les Etats-Unis ayant été les principaux contributeurs de cette hausse, avec une progression de 4,3% du gaz américain. La production européenne a en revanche fortement diminué, de 6,4%, avec une chute de 9,5% pour le seul Royaume-Uni.

Le charbon a été, pour la quatrième année consécutive, l'énergie progressant le plus dans le monde. Sa consommation a bondi de 4,5% en 2007, de façon quasi uniforme.

La production nucléaire a quant à elle connu le plus fort déclin de son histoire, "bien que, précise BP, plus de 90% de la baisse ait été dû à l'Allemagne et au Japon", qui a dû fermer la plus grande centrale nucléaire du monde après un tremblement de terre.

La production d'énergie hydroélectrique a quant à elle modestement progressé, de 1,7%.

Enfin, les énergie renouvelables ne représentent encore qu'"une petite partie de la consommation mondiale d'énergie", bien qu'elles aient connu une croissance à deux chiffres en 2007.

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