AUTRICHE - FAIT DIVERS

Les victimes d'Amstetten enfin réunies

Kerstin, fille d'Elisabeth Fritzl, séquestrée et violée par son père pendant 24 ans, s'est rétablie et a pu rejoindre sa famille dans un appartement aménagé pour eux, six semaines après la révélation du drame. (Récit : K. Chabour)

Publicité

Six semaines après la révélation du drame de la séquestration et de l'inceste d'Amstetten les victimes de Josef Fritzl ont été réunies dans un appartement, à l'abri des médias et toujours sous surveillance médicale, pour s'adapter progressivement à une vie normale, selon leur avocat et les médecins.

"C'était un moment très émouvant, la famille est très heureuse d'être enfin réunie", a affirmé leur avocat Christoph Herbst devant la presse mercredi avec les directeurs de l'hôpital et de la clinique psychiatrique d'Amstetten.

Dimanche, Kerstin, âgée de 19 ans, la fille aînée d'Elisabeth Fritzl, 42 ans, séquestrée et violée par son père Josef pendant 24 ans, a pu rejoindre les autres membres de sa famille dans un appartement aménagé spécialement pour eux dans le parc de la clinique.

Josef Fritzl est, lui, incarcéré en détention provisoire depuis le 29 avril dans la prison de Sankt Pölten à une cinquantaine de kilomètres d'Amstetten.

Le drame, relaté par les caméras du monde entier depuis cette bourgade provinciale de Basse Autriche, avait été révélé grâce à l'hospitalisation de Kerstin à la mi-avril, inconsciente et atteinte d'un mal mystérieux.

Sa mère Elisabeth avait appris à la télévision, dans la cave où elle vivait séquestrée, que les médecins au chevet de sa fille voulaient la rencontrer pour mieux diagnostiquer la maladie de Kerstin.

Autorisée par Josef Fritzl à sortir du réduit de 60 m2 dans le sous-sol de la maison familiale, elle avait alors raconté le 26 avril son incroyable histoire aux médecins et à la police.

Enlevée par son propre père en 1984 puis séquestrée et violée pendant 24 ans, Elisabeth avait donné naissance à sept enfants entre 1986 et 2002, dont six toujours en vie.

Hormis Kerstin hospitalisée, Elisabeth et ses cinq autres enfants âgés de 18 à 5 ans ainsi que sa mère Rosemarie, ignorant tout de la double vie de son mari autoritaire, avaient été admis dans un pavillon de la clinique psychiatrique après l'éclatement de l'affaire.

Et ce n'est que dimanche après la sortie de Kerstin des services de réanimation que tous ont pu être réunis, loin des photographes.

Kerstin souffrait d'un dysfonctionnement des organes vitaux comme les reins, le foie ou les poumons, a précisé le directeur du service de réanimation Albert Reiter ajoutant que l'équipe médicale était parvenue "à tout faire fonctionner à nouveau".

Les derniers tubes de perfusion ont été retirés le 1er juin. "Et dimanche je l'ai accompagné en lui tenant le bras à l'entrée du nouvel appartement, l'entrée dans une nouvelle vie", a souligné le médecin.

Selon les médecins, Kerstin est capable de lire et d'écrire et communique très bien. Elle reste néanmoins traumatisée par les événements et devra suivre une longue thérapie. Ses souhaits les plus chers : assister à un concert du chanteur pop Robbie Williams et faire un tour en bateau.

Tenu par le secret médical, le médecin a refusé de commenter les rumeurs de viol de Kerstin par Josef Fritzl.

Toujours selon les médecins le processus de réadaptation de Kerstin et de ses deux frères de 18 et 5 ans séquestrés avec leur mère, est plus lent que celui des trois autres enfants de l'inceste.

"Le passage d'un nuage dans le ciel est quelque chose d'extraordinaire pour les enfants qui ont vécu séquestrés sans fenêtre toute leur vie, pour les autres évidemment c'est banal", a expliqué le Docteur Berthold Kepplinger.

Deux filles et un garçon avaient été officiellement adoptés par les "grands-parents", c'est-à-dire Josef Fritzl et son épouse, Fritzl ayant fait croire à la disparition de sa fille Elisabeth dans une secte. Elle aurait ensuite déposé les bébés devant sa porte à plusieurs années d'intervalle.

L'avocat des victimes a lancé mercredi un appel aux médias et particulièrement aux photographes pour qu'ils "laissent cette famille en paix" et respectent sa vie privée.

Le résumé de la semaineFrance 24 vous propose de revenir sur les actualités qui ont marqué la semaine