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AFGHANISTAN

20 milliards de dollars de dons pour l'Afghanistan

4 min

A l'issue de la conférence internationale, le montant des promesses de dons pour la reconstruction de l'Afghanistan s'élève à quelque 20 milliards de dollars, dont la moitié doit être débloquée par les Etats-Unis. (Récit : P. Paccard)

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La communauté internationale, Etats-Unis en tête, a promis jeudi à Paris de fournir quelque 20 milliards de dollars pour la reconstruction et le développement de l'Afghanistan, tout en exhortant Kaboul à lutter contre la corruption et à consolider un Etat de droit encore précaire.

"C'est un succès que nous n'escomptions pas même dans nos rêves les plus fous", a déclaré le chef de la diplomatie française Bernard Kouchner lors d'une conférence de presse finale.

Le montant total des promesses "tourne autour de 20 milliards", a dit M. Kouchner, qui avait avancé auparavant plusieurs chiffres, allant de 19,951 à 21,416 milliards de dollars.

La promesse la plus importante est venue des Etats-Unis, alliés clef du président afghan Hamid Karzaï, qui vont débloquer 10,2 milliards de dollars d'aide sur les deux prochaines années.

Avant la conférence, des responsables américains avaient évoqué un objectif d'environ 15 milliards de dollars.

"Le gouvernement afghan s'est engagé à poursuivre les réformes dans les domaines politique et économique", indique le texte de la déclaration finale de la conférence, qui a réuni 68 pays et 17 institutions internationales.

"La communauté internationale a accepté de mettre à disposition des ressources accrues et de les utiliser de manière plus efficace", ajoute le texte.

Les participants à la conférence ont souligné "les défis considérables" auxquels fait encore face l'Afghanistan sept ans après la chute des talibans, pointant notamment les progrès à faire en matière de consolidation de l'Etat de droit, de sécurité et de lutte contre la corruption.

M. Karzaï avait auparavant présenté un ambitieux plan de développement de 50,1 milliards de dollars sur cinq ans, axé prioritairement sur les infrastructures, la sécurité, l'éducation et l'agriculture.

M. Karzaï a notamment insisté sur la nécessité d'aider les agriculteurs à se détourner de la culture du pavot qui sert à fabriquer l'opium, dont l'Afghanistan fournit plus de 90% de la production mondiale.

Le président afghan a assuré que la sécurité restait le plus "important défi" du pays, où 70.000 soldats étrangers tentent de contrer la montée en puissance des talibans avec l'aide de forces afghanes pas totalement opérationnelles.

La secrétaire d'Etat américain Condoleezza Rice a reconnu quant à elle que la situation était "encore fragile".

Parmi les contributions annoncées, le Japon a promis 550 millions de dollars, le Canada 600 millions de dollars sur trois ans, et la Grande-Bretagne 1,2 milliard sur cinq ans. La Banque mondiale (BM) a annoncé 1,1 milliard de dollars sur trois ans.

Le président Nicolas Sarkozy a annoncé "un renforcement de l'aide française" qui sera "plus que doublée", soit un engagement de 107 millions d'euros sur 2008-2010. "L'ampleur de la tâche reste considérable" en Afghanistan, a-t-il reconnu à l'ouverture de la réunion. "Il faudra encore des années de travail patient".

Le soutien à M. Karzaï a été assorti d'incitations à lutter contre la corruption et de critiques sur la gestion de l'aide.

"J'exhorte le gouvernent à prendre des mesures actives" contre la corruption, et à "pratiquer la transparence et la bonne gouvernance", a déclaré le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon.

La réunion de Paris fait suite à des rencontres du même genre à Tokyo en 2002, Berlin en 2004, ainsi qu'à Londres, en 2006, où 10,5 milliards de dollars avaient été promis. Mais, selon un rapport fin mars de l'Agence de coordination de l'aide à l'Afghanistan, les pays occidentaux n'ont fourni depuis 2001 que 15 des 25 milliards de dollars promis.

Des ONG avaient critiqué la priorité donnée à l'option militaire par les Occidentaux et appelé à ce que la réunion de Paris ne débouche pas sur de nouvelles promesses d'aide sans lendemain.

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