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InBev veut acheter Anheuser-Busch

Le belgo-brésilien InBev, qui commercialise Stella Artois et Beck's, a proposé à l'Américain Anheuser-Busch, auquel appartient Budweiser, de le racheter pour 46 milliards de dollars. Il deviendrait alors le n°1 mondial de la bière.

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Le belgo-brésilien InBev, l'un des trois géants mondiaux de la bière, a proposé mercredi à son rival américain Anheuser-Busch, le producteur de la Budweiser, de le racheter pour plus de 46 milliards de dollars, afin de créer le premier brasseur mondial.

InBev a fait valoir qu'une telle fusion créerait "l'une des cinq plus grandes entreprises de produits de grande consommation au monde".

Dans un communiqué, il a aussi souligné que son offre de 65 dollars par action en numéraire représentait 35% de plus que le cours moyen du brasseur américain avant la récente spéculation déclenchée par les rumeurs de rachat.

Visiblement désireux d'aplanir les difficultés, InBev a affirmé d'entrée qu'il ne fermerait aucun des sites de production d'Anheuser-Busch, qu'il s'efforcerait d'étendre le marché de la Budweiser dans le monde et qu'il implanterait son siège nord-américain à Saint-Louis, fief de sa cible.

InBev propose même de nommer le nouveau groupe issu d'une fusion "en tenant compte de l'héritage d'Anheuser-Bush", groupe né en 1852.

Actuellement le marché mondial de la bière est dominé par trois rivaux d'une taille comparable: Inbev, né de la fusion en 2004 du géant belge Interbrew et du brésilien AmBev et connu pour ses marques Stella-Artois et Brahma, suivi du britannique SABMiller, et d'Anheuser-Bush, leader aux Etats-Unis avec 48,5% du marché.

Le mariage d'Anheuser-Busch (14 milliards de dollars de chiffres d'affaires) et d'InBev (22 milliards) créerait un groupe au chiffre d'affaires de 36 milliards de dollars et de 460 millions d'hectolitres (hl) de ventes.

Il laisserait loin derrière lui SABMiller, fort de 21 milliards de dollars de chiffre d'affaires et de 216 millions d'hl de ventes.

Le mariage serait essentiellement financé par endettement (jusqu'à 40 milliards de dollars). Compte-tenu du faible recoupement des activités des deux groupes, InBev ne prévoit pas de difficultés avec les autorités de la concurrence.

Dans une lettre ouverte au PDG d'Anheuser-Busch, August Busch, un membre de la famille fondatrice, le PDG d'InBev Carlos Brito rappelle que les dirigeants d'InBev ont discuté de cette fusion avec M. Busch plusieurs fois. Il lui présente donc une demande formelle, comme M. Busch le lui avait demandé.

M. Brito demande une réunion rapidement, souligne son "immense respect" pour Anheuser-Busch et rappelle que les deux groupes ont déjà un fructueux partenariat au Canada depuis des années.

Très prudemment, Anheuser-Busch s'est lui borné à prendre acte mercredi de cette "offre non-sollicitée" et a précisé qu'il allait "évaluer cette proposition soigneusement au vu de tous les critères, y compris son plan de développement stratégique à long terme".

Il a ajouté qu'il se conformerait au "meilleur intérêt" de ses actionnaires, sans préciser à quelle date il donnera une réponse.

L'annonce faisait bondir le cours d'Anheuser-Busch de plus de 7% lors des échanges électroniques d'après-séance, à plus de 62 dollars.

InBev envisageait depuis des semaines de présenter une offre sur Anheuser-Busch, qui s'est fait distancer ces dernières années par ses deux rivaux, qui ont grossi à toute vitesse à coup de méga-fusions.

Le groupe américain est aussi présent au Mexique via ses 50% dans le brasseur mexicain Modelo, ainsi qu'en Chine où il possède 27% du chinois Tsingtao. Le nouveau groupe issu d'une fusion entre InBev et Anheuser-Busch serait ainsi le leader de la bière en Chine, un marché clé convoité par tous les brasseurs mondiaux.

Selon la presse américaine, les dirigeants d'Anheuser-Busch, notamment le PDG August Busch, membre de la famille fondatrice, seraient hostiles à un tel rachat. Mais la famille Busch ne détient plus que 4% du capital du groupe, éparpillée auprès d'investisseurs, notamment le milliardaire Warren Buffett.
  

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