IRLANDE - REPORTAGE

Le sort du traité de Lisbonne entre les mains des Irlandais

L'attention de toute l'Europe se porte vers l'Irlande, seul pays des 27 à se prononcer par référendum sur le traité de Lisbonne, alors que les camps du oui et du non jouent leurs dernières cartes. (Reportage : E. Irvine, J. Bodin)

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Découvrez les trois articles de FRANCE 24 sur le référendum en Irlande :

 
1. Le sort de l’UE est entre les mains des Irlandais
2. L’économie pèse sur le référendum irlandais
3. Les paysans troquent leur oui contre un accord favorable avec l’OMC

 

 

 

Le sort du traité européen simplifié de Lisbonne est aujourd'hui entre les mains des Irlandais, seuls Européens à se prononcer par référendum. Les 27 Etats-membres de l’Union européenne attendent l’issue d’un scrutin serré.

 

Le camp du "oui", mené par les principaux partis au gouvernement, s’est battu pour convaincre les électeurs de ratifier un texte qui propose notamment de créer un poste de président de l’Union, un véritable poste de ministre des Affaires étrangères et un système de vote plus démocratique.


Le traité de Lisbonne a pour vocation de remplacer la constitution européenne, condamnée par les "non" aux référendums français et néerlandais en 2005. Alors que le Premier ministre irlandais Brian Cowen et d’autres leaders politiques insistent sur le fait qu’il n’y a pas de plan B en cas d’un nouveau rejet, le parti nationaliste Sinn Fein les accuse de vouloir forcer les électeurs à voter "oui".

 

Les dernières salves de la campagne


Selon Eve Irvine, envoyée spéciale de FRANCE 24 à Dublin, le camp du "oui" a tenté jusqu’au dernier moment de séduire les électeurs irlandais. "Le Premier ministre Brian Cowen décrit ce jeudi comme une journée historique pour le pays. Les électeurs irlandais vont décider s’ils veulent demeurer des membres favorables de l’UE ou bien retourner à une issue incertaine", précise Eve Irvine.


Brian Cowen a lancé une dernière offensive, mercredi, avec une tournée dans ses Midlands natales et a exhorté la population à se rappeler le rôle qu’a joué l’UE dans le boom économique du pays, dans les années 90.

 

Mais selon les opposants au traité, comme le parti nationaliste Sinn Fein, les électeurs ne doivent pas être "forcés" à accepter le texte. Ils demandent aussi à l’UE une renégociation du traité de Lisbonne sur la protection de la souveraineté de l’Irlande et sa neutralité militaire.

 

Selon les sondages, le résultat sera très serré. Le camp du "non" a été encouragé par un texte très complexe et donc peu compréhensible. Même Brian Cowen, qui a remplacé Bertie Ahern au poste de Premier ministre il y a un mois, a avoué n’avoir pas lu le traité dans son intégralité.

 

Les points de désaccords du traité

 

 De Dublin, la spécialiste des questions européennes, Caroline de Camaret, explique que les Irlandais ont peur de perdre leur commissaire européen, "leur lien direct avec Bruxelles", puisque selon le traité de Lisbonne, la Commission européenne deviendrait rotative.


La veille du scrutin, Declan Ganley, homme d’affaires et fondateur de l’organisation Libertas, a quant à lui pressé encore une fois les électeurs à voter "non", pour que l’Irlande continue à être entendue en Europe. Selon lui, ce traité effacerait la voix irlandaise.

 

De plus, selon Caroline de Camaret, la création d’un ministre des Affaires étrangères européen inquiète les Irlandais, particulièrement attachés à leur neutralité diplomatique. "En 2001, les Irlandais avaient obtenu des concessions de la part de l’UE sur ce point, après le rejet du traité de Nice", explique-t-elle.

 

Quant à l’issue du scrutin, le taux de participation est un critère "particulièrement important" pour les défenseurs du "oui" car plus il est faible, plus le "non" risque de l’emporter. En 2001, l’Irlande avait failli mettre en échec le traité de Nice dans un référendum où le taux de participation n’atteignait que 35 %.
 

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