TRAITE DE LISBONNE

Les Irlandais rejettent le traité de Lisbonne avec 53,4 % de "non"

Avec 53,4% de "non", les Irlandais ont largement rejeté le traité européen de Lisbonne. Le président de la Commission européenne José Manuel Barroso a déclaré que "les ratifications doivent suivre leur cours". (Récit J. Knock)

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Les Irlandais ont rejeté le traité européen de Lisbonne jeudi. Selon les résultats définitifs cités par les médias publics irlandais, le "non" l'a emporté par 53,4 % contre 46,6 % pour le "oui".

 

Le président de la Commission européenne José Manuel Barroso a néanmoins appelé à la poursuite du processus de ratification du traité de Lisbonne par les Etats membres de l’UE, tout en soulignant que la Commission "respectait" le choix des électeurs irlandais.
 

Dans une déclaration commune, la France et l'Allemagne "regrettent" la victoire du non au référendum en Irlande et souhaitent également la poursuite du processus de ratification. Le Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker estime quant à lui qu’à la suite de ce rejet, le traité de Lisbonne ne pourra pas entrer en vigueur au 1er janvier 2009 comme prévu.

 
L’Irlande est le seul pays des 27 à avoir eu recours au référendum pour ratifier le texte, comme l’exige la Constitution du pays. Les autres pays ont choisi la voix parlementaire pour l’adoption du traité, et 18 d’entre eux l’ont déjà fait. Les yeux de toute l’Union étaient braqués sur l’Irlande, attendant le résultat de ce vote crucial, puisque le traité ne peut être appliqué sans l’accord des 27 membres de l’UE.

 
Gerry Adams : David contre Goliath

 
C’est "une grande victoire pour l’Europe", a déclaré le président du Sinn Fein, Gerry Adams, à FRANCE 24. Il commentait l’écrasante tendance des résultats du référendum au Dublin Castle, l’impressionnant complexe du XVIIIème siècle qui sert de principal siège au gouvernement irlandais.

  
“C’était bien un combat de David contre Goliath” analyse Adams, dont le parti, était le seul à défendre le "non". Pour lui, "le fait est que le traité ne peut aller plus loin sous sa forme actuelle et que c’est au gouvernement de le renégocier selon les désirs du peuple."

 
Pour Gauthier Rybinski, spécialiste des questions internationales à FRANCE 24, "le développement économique de l’Irlande, dû en grande partie à l’Europe, a profité de manière inégalitaire aux Irlandais. Certains s’estiment plus lésés que d’autres. D’où leur décision de voter ‘non’".

 
Ce "non" qui a été exprimé auparavant par la France et la Hollande en 2005 pourrait, selon Gauthier Rybinski, traduire une "peur identitaire", dans le cas de l’Irlande. "De culture catholique, les Irlandais ont peur de l’Europe, redoutent qu’elle leur impose des directives trop libérales comme le droit à l’avortement par exemple", explique-t-il.

 
L’Union européenne risque probablement de se retrouver face à une nouvelle impasse constitutionnelle. Selon Thierry Chopin, directeur des études à la fondation Robert Schuman, l’agenda de la présidence française de l’Union européenne – qui débute le 1er juillet - risque d’être bousculé. "Le traité prévoyait notamment la mise en place des institutions européennes", note-t-il.

 

 

 

Découvrez les trois articles de FRANCE 24 sur le référendum en Irlande :

1. Le sort de l’UE est entre les mains des Irlandais
2. L’économie pèse sur le référendum irlandais
3. Les paysans troquent leur oui contre un accord favorable avec l’OMC

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