REPORTERS - CANADA

Le Canada, terre d’asile pour déserteurs Américains

40 après la guerre du Vietnam, une autre génération d’Américains a fui au Canada pour éviter d’aller combattre en Irak. Leur sort est désormais suspendu à une décision du Parlement canadien. (Reportage : Mary Mac Carthy, Johan Bodin)

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Les reporters de FRANCE 24 Mary Mac Carthy et Johan Bodin ont passé une semaine avec des déserteurs américains du Canada. Ceux-ci attendent le vote crucial du Parlement canadien. En fonction de son résultat, ils referont leur vie au Canada, ou rentreront chez eux et risqueront des peines de prison.

Le nombre de déserteurs n’a cessé de croître depuis le début de la guerre en Irak en 2003. La plupart restent aux Etats-Unis et se cachent, les autres choisissent l’exil.

On estime à 200 le nombre de déserteurs au Canada. Une quarantaine d’entre eux ont rejoint le groupe d’activistes "War resisters". Le groupe ne considère pas les soldats comme des déserteurs, mais comme des résistants à une guerre qu’ils considèrent comme injuste. De nombreux "draft-dodgers", ces 50 000 américains qui ont fui vers le Canada il y a 40 ans pour ne pas être envoyés au Vietnam, en font partie.

Une grande partie des déserteurs ont demandé le statut de réfugié. Mais les services de l’immigration canadiens ont jugé leur demande irrecevable au motif qu’ils avaient choisi de faire carrière dans l’armée.

Les déserteurs sont sous les feux de l’actualité depuis plusieurs semaines. L’un d’entre eux, Corey Glass, un jeune homme de 25 ans, natif de l’Indiana, a reçu l’ordre de quitter le territoire canadien avant le 12 juin (la date a ensuite été repoussée au 12 juillet).

Corey s’était engagé en espérant accomplir des missions à caractère humanitaire. Mais l’armée lui avait réservé un poste en Irak au sein des services de renseignement.

A ceux qui le critiquent, il répond qu’il a été déçu par les recruteurs de l’armée : "L’armée devrait commencer par mieux former ses recruteurs, et surtout les former à dire la vérité. Cela éviterait aux  jeunes recrues d’arriver sur le terrain et de comprendre qu’ils ne font pas ce qu’on leur avait promis. Si l’armée est une si bonne organisation, pourquoi mentir aux gens pour qu’ils la rejoignent ?"

Les déserteurs sont un groupe hétérogène. Kevin Lee, 26 ans, natif de New York, a passé une année au front, où il a réalisé que la guerre avait été légitimée par de fausses preuves. Chuck Riley, 37 ans, compte 17 ans de carrière dans la Navy. Il a déserté, choqué par le peu de considération de l’armée envers les civils Irakiens.

L’ordre d’expulsion de Glass a écœuré de nombreux déserteurs. Mais ils ne sont pas sans espoir : les parties d’opposition ont déposé une motion en leur faveur. Celle-ci autoriserait les soldats qui refusent de participer à une guerre non-autorisée par les Nations unies à trouver asile au Canada.

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