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L'ONU condamne l'action militaire de l'Erythrée

Six soldats djiboutiens ont été tués lors d'un accrochage mardi dans le nord de Djibouti entre troupes érythréennes et djiboutiennes. Le Conseil de sécurité de l'ONU appelle les deux parties à s'engager à un cessez-le-feu.

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Le Conseil de sécurité de l'ONU a condamné jeudi "l'action militaire de l'Erythrée contre Djibouti" à la frontière entre les deux pays, dans une déclaration adoptée à l'unanimité.

Le Conseil "condamne l'action militaire de l'Erythrée contre Djibouti à Ras Doumeira et dans l'île de Doumeira", dit cette déclaration, lue en séance par l'ambassadeur des Etats-Unis à l'ONU, Zalmay Khalilzad, président du Conseil en juin.

"Le Conseil appelle les deux parties à s'engager à un cessez-le-feu et les exhorte, en particulier l'Erythrée, à faire preuve d'un maximum de retenue et à ramener leurs forces à leurs positions d'avant l'incident".

Six soldats djiboutiens ont été tués lors d'un accrochage mardi dans le nord de Djibouti entre troupes érythréennes et djiboutiennes, dans la région frontalière.

Le Conseil "exhorte les deux parties, en particulier l'Erythrée, à coopérer et à s'engager dans des efforts diplomatiques pour résoudre leur différend pacifiquement et de manière conforme au droit international", ajoute la déclaration, rédigée par les Etats-Unis.

Il "salue les efforts de l'Union africaine, de la Ligue arabe et des Etats qui ont offert leur aide et appelle les parties, en particulier l'Erythrée, à s'engager pleinement dans des efforts pour résoudre la crise".

Enfin, le Conseil encourage le secrétaire général, Ban Ki-moon, à "utiliser d'urgence ses bons offices", en coordination avec les efforts régionaux, pour "faciliter des discussions bilatérales afin de trouver des arrangements pour réduire la présence militaire le long de la frontière".

L'accrochage de mardi a donné lieu à des échanges de tirs nourris entre troupes érythréennes et djiboutiennes. La tension entre l'Erythrée et Djibouti était très forte depuis une incursion, le 16 avril, de troupes érythréennes vers Ras Doumeira (nord de Djibouti), promontoire stratégique surplombant l'entrée de la mer Rouge.

Les deux voisins se sont opposés deux fois en 1996 et 1999 pour cette zone. Il s'agit du premier incident armé entre eux depuis l'incursion érythréenne d'avril.

Djibouti a accusé mercredi l'Erythrée d'"attitude belliqueuse" et "d'intentions malveillantes", estimant que le comportement d'Asmara traduisait une volonté de "déstabilisation de la république de Djibouti et (...) de toute la région de la Corne de l'Afrique".

Le gouvernement érythréen a affirmé de son côté jeudi n'avoir aucune intention hostile envers Djibouti et dénoncé une "campagne anti-érythréenne".

L'adjoint de M. Khalilzad, Alejandro Wolff, avait désigné l'Erythrée comme la responsable de la tension, l'accusant d'être un élément "déstabilisateur" dans la région.

L'Erythrée est dans le collimateur des Etats-Unis pour son aide présumée aux rebelles islamistes de Somalie alors que Washington soutient l'Ethiopie venue à la rescousse du gouvernement fédéral de transition somalien.

Ses relations directes avec l'Ethiopie sont également très tendues en raison d'une dispute frontalière. Asmara est enfin brouillé avec l'ONU qu'il accuse d'avoir pris partie pour Addis Abeba dans cette dispute.
 

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