KOSOVO - OTAN

L'Otan crée une nouvelle force de sécurité au Kosovo

Les ministres de l'Otan, réunis à Bruxelles avec leurs homologues russes, ont créé une nouvelle force de sécurité pour le Kosovo, composée de 2500 hommes. Une décision qui risque d'irriter Moscou, opposé à l'indépendance de la province.

Publicité

L'Otan a parrainé jeudi la création d'une nouvelle force de sécurité au Kosovo, marquant ainsi sa volonté d'assurer la stabilité de l'ancienne province serbe à majorité albanaise, malgré la vive opposition de la Russie et de la Serbie à son indépendance.

La Force de sécurité au Kosovo, la KSF, sera "une force nouvelle, professionnelle et multiethnique", placée sous contrôle civil et seulement "équipée d'armes légères", a annoncé le porte-parole de l'alliance, James Appathurai.

Quelques heures auparavant, le Kosovo a annoncé avoir reçu une lettre du secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon autorisant la "reconfiguration" de la présence internationale sur son territoire à partir de l'entrée en vigueur de sa Constitution dimanche prochain.

En parallèle, a précisé M. Appathurai, "l'Otan supervisera le démantèlement de la Kosovo Protection Corps (KPC)", formée avec son soutien en 1999, pour l'essentiel d'anciens membres de l'UCK, la milice indépendantiste d'ethnie albanaise qui avait combattu l'armée serbe.

"Pour débuter", la nouvelle force "sera d'abord chargée de faire face à des situations d'urgence, de récupérer les explosifs, et de la protection civile", a-t-il précisé.

"Le contrôle des frontières restera de la responsabilité de la KFOR" et de ses quelque 16.000 soldats, a tenu à souligner M. Appathurai.

Cette force devrait avoir des effectifs d'environ 2.500 personnes, a estimé un diplomate de l'Otan.

La décision, qui ne devrait guère plaire à Moscou et Belgrade, a été formellement adoptée par le Conseil de l'Atlantique-nord où siègent les 26 pays membres, juste avant l'ouverture d'une réunion des ministres de la Défense de l'Otan en partie consacrée à la situation au Kosovo et au rôle que doit y jouer la KFOR.

Devant les ministres et leurs homologues des huit autres pays qui contribuent à la KFOR, le secrétaire général de l'Otan Jaap de Hoop Scheffer a confirmé que l'Otan "s'était fixée de nouvelles tâches" lui permettant "d'aider le Kosovo à perfectionner ses nécessaires institutions démocratiques".

Pour l'Otan, la principale préoccupation est que dans la délicate période de transition qui s'ouvre avec l'entrée en vigueur dimanche de la Constitution du Kosovo, les soldats de la KFOR n'aient pas à y remplir des tâches policières.

La mission de l'ONU --la Minuk-- doit en effet transmettre à cette occasion des responsabilités qu'elle exerce dans l'ancienne province serbe depuis 1999 aux institutions du nouvel Etat ainsi qu'à la mission Eulex envoyée par l'Union européenne pour encadrer la police et la justice kosovares.

Mais l'opposition de la Russie, membre permanent du Conseil de sécurité, a entravé le déploiement de la mission européenne, seuls quelque 300 des 1.900 juristes, policiers et douaniers étant à ce jour arrivés au Kosovo.

Face à ce retard, l'Otan veut que les Nations unies lui garantissent que les 16.000 soldats de sa force chargée de la sécurité du Kosovo, la KFOR, n'auront pas entre-temps à s'occuper du maintien de l'ordre, n'ayant ni vocation ni compétence pour des tâches policières ou des interventions anti-émeute.

Le secrétaire américain à la Défense Robert Gates a indiqué qu'il avait souligné à ses homologues de l'Otan que "la KFOR ne doit pas se retrouver en première ligne". "Je veux juste m'assurer que nous n'allons pas changer la nature de la mission (de la KFOR), d'une manière qui serait franchement inacceptable", a-t-il dit.

Les ministres de la Défense de l'Alliance atlantique doivent participer vendredi avec leur collègue russe Anatoli Serdioukov à un Conseil Otan-Russie où le Kosovo a des chances d'être abordé aux côtés d'autres sujets de friction comme les Forces conventionnelles en Europe, la Géorgie ou le bouclier anti-missile américain.
 

Le résumé de la semaineFrance 24 vous propose de revenir sur les actualités qui ont marqué la semaine