TCHAD - REBELLES

Nouvelle offensive des rebelles dans l'est du Tchad

Deux mois après la déroute des rebelles, infligée par l'armée à N'Djamena, l'Alliance nationale, coalition des rebelles tchadiens, annonce avoir lancé une nouvelle offensive dans l'est du pays pour renverser le président Idriss Déby.

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Un hélicoptère de l'armée tchadienne a dû effectuer jeudi un atterrissage forcé près de l'aéroport d'Abéché (est) après des combats avec les rebelles tchadiens de l'Alliance nationale qui annoncent une "marche imminente" sur N'Djamena, a-t-on appris de sources concordantes.

L'hélicoptère a opéré un "atterrissage dur et forcé à 500 m au nord-ouest du camp des Etoiles de l'Eufor (la force européenne déployée au Tchad pour protéger les populations et les réfugiés du Darfour), situé en bordure de l'aéroport vers 09H05" (08H05 GMT), a appris l'AFP auprès d'une source locale.

Un peu plus tôt, vers 07h00 (06H00 GMT), trois hélicoptères de l'armée tchadienne basés à Abéché, la grande ville de l'est tchadien, avaient décollé et bombardé des positions rebelles dans la zone de Moudeina et Adé, à la frontière soudanaise, a-t-on indiqué de même source.

Joint depuis Libreville, un porte-parole des rebelles de l'Alliance nationale Ali Gueddei a de son côté affirmé que les rebelles avaient "abattu un hélicoptère" lors de ces combats et annoncé que "la marche sur N'Djamena (était) imminente".

"Des mercenaires à la solde du Soudan sont rentrés hier dans la région du dar Sila (est, près de la frontière soudanaise). L'armée tchadienne a pris toutes les dispositions pour enrayer cette énième agression", a affirmé le gouvernement dans un communiqué publié en soirée.

"Cette nouvelle incursion confirme une fois de plus que le Soudan viole ses engagements", affirme le communiqué du gouvernement qui accuse le Soudan de manipuler les rebelles.

En outre, l'état-major tchadien affirme que l' hélicoptère effectuait "un vol d'entraînement" avant de procéder à "un atterrissage forcé à Abéché suite à des problèmes de moteur". Un accident qui n'a pas fait de victimes.

De son côté, l'Alliance nationale affirme désormais "contrôler totalement la zone de Dar Sila" et se déclare "déterminée à poursuivre l'offensive contre les forces du pouvoir décadent" d'Idriss Deby Itno, le président tchadien, selon un communiqué d'un autre porte-parole de la rébellion tchadienne, Abderaman Koulamallah.

Ali Gueddei a en outre appelé à la désertion les soldats de l'armée régulière tchadienne.

Selon ce porte-parole, "nos vaillantes forces" ont mis "en déroute l'ennemi après lui avoir infligé des lourdes pertes".

Il a également mis en garde la France dont il a affirmé que les "avions" ont effectué des "vols intimidants et provocants au-dessus de nos forces".

"C'est l'occasion de rappeler à la France qu'elle doit observer une égale distance entre les belligérants. Elle ne peut pas continuer à soutenir un régime aux abois", a ajouté Ali Gueddei.

Abderaman Koulamallah a demandé à la "France d'être une puissance médiatrice pour garantir un véritable accord entre toutes les parties tchadiennes".

"Nous renouvelons cet appel à la France pour éviter un nouveau raid (sur N'Djamena), qui nous ferait prendre le pouvoir par les armes", a-t-il ajouté.

Début février, ces rebelles partis de leurs bases arrières au Darfour (ouest du Soudan) avaient mené une offensive jusqu'à la capitale tchadienne et failli renverser M. Deby avant d'être repoussés. Début avril, de nouveaux combats avaient cette fois tourné au large avantage de l'armée.

Selon des sources militaires européennes, l'armée tchadienne s'est "beaucoup renforcée" depuis février "non loin de la frontière Est".

L'armée tchadienne dispose en tout de six hélicoptères. Trois avaient été dépêchés et stationnés à Abéché début avril après d'autres accrochages avec les rebelles, les trois autres appareils restant probablement à N'Djamena.
 

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