TCHAD

Les rebelles seraient en route vers N'Djamena

Les rebelles du Tchad affirment "rouler" vers N'Djamena, ce que le gouvernement dément. "On a beau avoir des jumelles, on ne les voit pas", a déclaré Mahamat Hissène, ministre tchadien de la Communication. Correspondance A. Chabod.

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Les rebelles du Tchad, qui ont lancé une offensive mercredi dans l'est, ont affirmé vendredi avoir largement pénétré dans le pays et "rouler" vers N'Djamena, où les autorités démentent et dénoncent une "campagne d'intoxication dénuée de tout fondement".

"C'est une campagne d'intoxication de la rébellion. C'est dénué de tout fondement", a démenti une source officielle tchadienne de haut rang.

"On regarde la télévision, on écoute la radio, on lit les journaux... Ils (rebelles) affirmaient (à l'AFP) qu'ils marchaient sur N'Djamena mais on a beau avoir des jumelles, on ne les voit pas", a affirmé Mahamat Hissène, ministre de la Communication, joint par téléphone.

Des sources militaires françaises n'ont pas repéré de mouvements importants. Une source a ironisé auprès de l'AFP: "les rebelles sont surtout dans les medias". La France dispose de 1.200 hommes et de moyens aériens dans le cadre de la mission Epervier et fournit en outre le gros des troupes de l'Eufor, la force européenne déployée dans l'est du pays.

"Nous sommes en train d'avancer. Nous avons dépassé Goz Beida (est, 700 km de N'Djamena)", a affirmé Ali Gueddei, porte-parole de l'Alliance nationale qui regroupe plusieurs factions rebelles, joint par téléphone depuis Libreville.

"Il n'y a pas d'accrochage et les survols d'hélicoptères (tchadiens) se sont réduits après que nous ayons abattu un hélicoptère. Lentement mais sûrement nous roulons sur N'Djamena. Notre objectif est N'Djamena. Ce n'est un secret pour personne", a-t-il conclu.

L'armée tchadienne a pour sa part affirmé que son hélicoptère qui a effectué un atterrissage forcé près de l'aéroport d'Abéché, la ville la plus importante de l'est, avait connu un "problème de moteur".

En février, lors d'une offensive similaire, l'Alliance Nationale avait atteint la capitale tchadienne, encerclant le palais du président Idriss Deby Itno, avant d'être repoussée.

Abderaman Koulamallah, un autre porte-parole de l'Alliance, a affirmé que les rebelles disposaient de "500 à 600 véhicules représentant 7.000 à 8.000 hommes", soit près du double que lors de l'offensive de février.

Fort de la chute de l'hélicoptère, la rébellion a également menacé de s'en prendre aux avions français qui dans le cadre de la mission Epervier, le dispositif militaire français en place au Tchad depuis 1986, fournissent "des renseignements" à l'armée tchadienne.

"Nous tenons à lancer un dernier appel solennel à la France pour qu'elle cesse immédiatement l'état de belligérance vis-à-vis des forces armées de l'opposition. Dans le cas contraire, les Bréguet-Atlantique et autres Mirage, seraient désormais des cibles de notre DCA", a affirmé Ali Gueddei.

La France a elle "appelé toutes les parties à la retenue", a déclaré à la presse la porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Pascale Andréani.

Début avril, des combats dans l'est du Tchad avaient tourné au large avantage de l'armée.

Selon des sources militaires européennes, l'armée tchadienne s'est "beaucoup renforcée" depuis février "non loin de la frontière Est". Une nouvelle fois, le Tchad a accusé le Soudan d'être derrière l'offensive rebelle.

Le Tchad et le Soudan s'accusent régulièrement de soutenir les rébellions en lutte contre leur régime respectif. Ils ont rompu à la mi-mai leur relations diplomatiques après une attaque menée près de Khartoum par un groupe rebelle soudanais du Darfour, le Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM). N'Djamena avait nié "toute implication".

Les deux pays entretiennent depuis cinq ans des relations très tendues et tumultueuses.

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