AFGHANISTAN - TALIBANS

Evasion spectaculaire de prisonniers à Kandahar

Plus de 1 000 prisonniers se sont évadés de la prison de Kandahar, après que des talibans ont fait exploser le mur d'enceinte et pris d'assaut le bâtiment. (Récit : J. Fanciulli)

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Les talibans ont perpétré vendredi soir une de leurs attaques les plus audacieuses depuis des mois, en faisant exploser une voiture piégée contre le mur de la prison de Kandahar, dans le sud de l'Afghanistan, libérant des centaines de détenus.

L'opération visiblement bien organisée a associé un attentat suicide devant l'entrée principale de la prison, qui a ouvert une large brèche dans le mur d'enceinte, à l'assaut d'un commando de talibans destiné à libérer le plus grand nombre possible de prisonniers.

Elle survient au lendemain de la conférence de Paris, où la communauté internationale a promis quelques 20 milliards de dollars d'aide à la reconstruction et au développement à l'Afghanistan.

"Vers 22H00, une voiture piégée conduite par un kamikaze s'est frayée un chemin jusqu'à l'entrée principale de la prison avant d'exploser. Le choc a été particulièrement violent et une grande partie du mur d'enceinte s'est effondré", a déclaré à l'AFP le ministre de la Justice, Sarwar Danish.

"L'explosion a été suivie d'un assaut armé. Un certain nombre de prisonniers se sont échappés. Nous ne savons pas exactement combien. Les forces de sécurité afghanes ont pénétré à l'intérieur de la prison et en ont repris le contrôle", a-t-il ajouté.

"Tout ce que je sais en ce moment, c'est que deux gardes de la prison ont été tués, plusieurs autres ont été blessés et d'autres pourraient encore se trouver sous les décombres du mur", a poursuivi le ministre.

"Un enquête a été ouverte qui devra déterminer combien de prisonniers se sont échappés", a-t-il souligné.

Des soldats afghans et des militaires des forces internationales ont bouclé les accès à la prison, a constaté un correspondant de l'AFP.

 Selon un responsable des services secrets afghans ayant requis l'anonymat, environ 600 prisonniers se seraient évadés.

D'autres responsables ont rapporté qu'au moment de l'attaque quelque 400 talibans étaient enfermés dans la prison de Kandahar avec des centaines de prisonniers de droit commun".

La province de Kandahar est le berceau des talibans et demeure aujourd'hui encore l'un de leurs bastions.

La prison de Kandahar avait été le théâtre d'une grève de la faim de quelques 400 talibans présumés qui avait duré huit jours et s'était achevée le 12 mai.

Les détenus affirmaient ne pas bénéficier de procès équitable et être victimes de tortures, ils avaient mis fin à leur action après avoir reçu l'assurance que des parlementaires envoyés par Kaboul feraient part de leurs griefs aux autorités.

Selon l'un de ces parlementaires, Noorul-Haq Ulumi, une cinquantaine d'entre eux s'étaient cousu les lèvres en signe de protestation.

Les talibans ont lancé une insurrection meurtrière depuis qu'ils ont été chassés du pouvoir à la fin 2001 par une coalition internationale emmenée par les Etats-Unis.

Ils revendiquent depuis le début de l'année des opérations de plus en plus spectaculaires, comme l'attentat visant en janvier l'hôtel Serena, le plus luxueux de Kaboul et situé devant le palais présidentiel, ou la tentative d'assassinat du président Hamid Karzaï lors d'un défilé militaire le 27 avril.

Les violences ont redoublé d'intensité depuis près de deux ans en Afghanistan, malgré la présence de 70.000 soldats de deux forces multinationales, l'une de l'Otan, l'autre sous commandement américain.
 

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