SOMMET DU G8

La faiblesse du dollar s'invite au G8 à Osaka

La faiblesse du billet vert, accusée d'alimenter l'envolée des cours pétroliers et d'être responsable du regain mondial d'inflation, s'est retrouvée au centre des discussions des ministres des Finances du G8, réunis à Osaka.

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"Un dollar fort est dans l'intérêt de notre nation", a répété M. Paulson au cours d'une conférence de presse à l'issue de la réunion samedi, confirmant le virage réthorique opéré ces derniers jours par les autorités américaines à propos de leur monnaie.
 

Celles-ci se réjouissaient tacitement jusqu'à il y a peu de l'affaiblissement du billet vert, qui favorise les exportations américaines, mais ont récemment changé leur fusil d'épaule face au regain d'inflation.

  
Le président de la Réserve fédérale américaine (Fed), Ben Bernanke a suggéré mardi une possible hausse du loyer de l'argent, M. Paulson laissant pour sa part la porte ouverte à une éventuelle intervention sur le marché des changes pour soutenir le dollar.

 
Le billet vert a repris des couleurs face à l'euro et au yen à la suite de ces déclarations, ce dont s'est félicitée la ministre française de l'Economie, Christine Lagarde.

 
"Je me réjouis d'un renforcement du dollar" a-t-elle dit vendredi à son arrivée à Osaka.

 
Le gouvernement français dénonce avec force depuis l'arrivée à l'Elysée de Nicolas Sarkozy la faiblesse du billet vert face à l'euro, qui handicape les exportateurs européens et encourage les délocalisations.

 
En outre, "il y a un lien très étroit entre l'instabilité sur les marchés financiers, le rapport euro-dollar et la hausse des prix du pétrole", et "on ne peut pas parler de la volatilité sur les marchés sans parler des changes", a expliqué Mme Lagarde, alors que les devises n'étaient pas à l'agenda de la réunion d'Osaka en l'absence des banquiers centraux.

  
Depuis le début de la crise financière, les investisseurs achètent massivement des contrats à terme pétroliers pour se couvrir face à l'affaiblissement du billet vert.

  
M. Paulson a toutefois voulu minimiser ce phénomène, en affirmant que depuis 2002, "le dollar a perdu moins de 25% alors que les prix pétroliers ont bondi de plus de 500%", et attribuant la flambée pétrolière à l'insuffisance de l'offre.

 
Pour faire le point entre ces avis divergents, le G8 Finances a chargé le Fonds monétaire international (FMI) d'analyser d'ici octobre les causes de la flambée pétrolière, notamment le rôle de la spéculation et le lien dollar/pétrole.

 
Il a aussi appelé les pays producteurs à augmenter leur production, les pays développés à faire des économies d'énergies et pays émergents à mettre fin aux subventions sur le carburant.

 
Sans l'aval des banquiers centraux, le communiqué final des huit pays les plus industrialisés (France, Italie, Allemagne, Japon, Russie, Etats-Unis, Royaume-Uni, Canada) n'a pas évoqué directement les devises mais a averti que la flambée du pétrole et de l'alimentation "pourrait accroître les pressions inflationnistes mondiales".

 
Mme Lagarde a toutefois prévenu que les annonces du G8 ne seraient pas "à même de faire baisser directement l'inflation", qui "est redevenue un problème sérieux", méritant "toute l'attention des banques centrales", selon le directeur général du FMI Dominique Strauss-Kahn.

 
Outre la Fed, la Banque centrale européenne a évoqué une légère hausse de ses taux d'intérêt dès juillet pour enrayer l'inflation, au grand dam de Mme Lagarde, qui l'a appelée à prendre en compte les risques pour la croissance d'une telle décision.

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