TRAITE DE LISBONNE

L'Europe dans l'embarras après le "non" irlandais

Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, estime que le traité de Lisbonne "n'est pas mort". De son côté, Nicolas Sarkozy souhaite que "l'incident irlandais ne devienne pas une crise". (Récit : J. Fanciulli)

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Les pays membres de l'Union européenne se sont dits vendredi décidés à aller de l'avant malgré le rejet du traité de Lisbonne par les Irlandais, avec un rendez-vous dès la semaine prochaine lors du sommet de l'UE où les dirigeants entendent faire le point.

Malgré le non au référendum en Irlande, le traité de Lisbonne "n'est pas mort" et "les dirigeants européens devront décider lors du sommet européen des 19-20 juin comment continuer", ont affirmé le président de la Commission européenne José Manuel Barroso et le Premier ministre slovène Janez Jansa, dont le pays préside l'UE.

Mais "il est clair que le traité n'entrera pas en vigueur au 1er janvier 2009", a toutefois souligné le Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker, doyen des dirigeants européens.

"Nous espérons que les autres Etats membres poursuivront le processus de ratification", ont ajouté le président français Nicolas Sarkozy et la chancelière allemande Angela Merkel dans une déclaration commune, au diapason des réactions de la plupart des dirigeants européens.

"En aucun cas, l'Union ne peut être freinée dans son élan", a également soutenu le Premier ministre belge Yves Leterme.

"Il convient d'examiner les possibilités existantes pour assurer quand même l'entrée en vigueur du traité et y associer l'Irlande", a-t-il ajouté. Le chef de la diplomatie portugaise Luis Amado a abondé en ce sens, tandis que l'Espagne et l'Italie ont dit vouloir aller de l'avant.

En écho, le Premier ministre portugais José Socrates, qui était parvenu à conclure le nouveau traité européen sous la présidence portugaise de l'Union européenne (UE), a estimé que le rejet par les électeurs irlandais du traité de Lisbonne était "une défaite personnelle".

Le Premier ministre polonais Donald Tusk a estimé qu'il fallait éviter "un scénario d'une Union européenne à deux vitesses", après la victoire du non en Irlande, selon une déclaration publiée par son bureau.

Nouveau membre de l'Union européenne, la Bulgarie a regretté vendredi que l'Irlande, symbole de succès économique grâce à l'intégration européenne, ait rejeté le Traité de Lisbonne.

Le non de l'Irlande au traité de Lisbonne n'est "pas une bonne nouvelle" mais "l'Europe ne va pas s'arrêter" et une "solution" sera trouvée, a jugé le chef de la diplomatie espagnole Miguel Angel Moratinos.

"Il s'agit d'un coup grave à la construction européenne" mais "le chemin de l'intégration européenne ne doit cependant pas s'arrêter", a renchéri le ministre italien des Affaires étrangères Franco Frattini.

Leur homologue autrichienne Ursula Plassnik a toutefois invité à "la prudence" pour les prochaines étapes.

"Il n'existe pas de réponse toute faite à cette situation", a-t-elle souligné.

Le Premier ministre irlandais Brian Cowen a abondé en ce sens. "Il n'y a pas de solution miracle" à la crise provoquée par le non de ses compatriotes qui est pour lui une "immense déception".

Le refus de l'Irlande "représente une complication politique, mais l'UE dispose d'une base contractuelle stable qui lui permet de fonctionner", a assuré lui aussi le Premier ministre tchèque Mirek Topolanek.

Le président tchèque anti-européen Vaclav Klaus a affirmé que "le projet de traité de Lisbonne a pris fin" et qu'"il n'est plus possible de poursuivre sa ratification". M. Topolanek ne s'est pas exprimé sur cette affirmation de M. Klaus.

Même la Grande-Bretagne, aux eurosceptiques puissants, a confirmé qu'elle allait poursuivre le processus de ratification parlementaire, a annoncé le chef de sa diplomatie David Miliband.

Le Premier ministre britannique Gordon Brown avait par avance, dès jeudi, fait connaître son intention de mener à son terme la ratification parlementaire au Royaume-Uni en cas de non. Il n'a cependant pas immédiatement réagi vendredi au non irlandais.

Les Pays-Bas, qui avaient voté non comme la France au traité constitutionnel en 2005, ont également indiqué qu'ils poursuivaient la ratification, selon leur Premier ministre Peter Balkenende.

Le non des Irlandais révèle "un fossé" entre les peuples et l'Europe, mais les autres Etats membres doivent poursuivre le processus de ratification et décider de nouvelles règles du jeu, ont également estimé la plupart des groupes politiques du Parlement européen.

Seuls les communistes et les formations eurosceptiques se sont réjouis de l'échec du référendum en Irlande.

Quant aux Etats-Unis, ils ont refusé de commenter la victoire du non, tout en réitérant leur soutien à une Europe unie.

"Nous ne prenons pas position à propos de questions spécifiques sur la manière dont l'Europe choisit de s'organiser (...) c'est à l'Union européenne et à ses membres de décider", a simplement dit à l'AFP un porte-parole du département d'Etat Robert Mcinturff.

 

 

 

 

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1. Le sort de l’UE est entre les mains des Irlandais
2. L’économie pèse sur le référendum irlandais
3. Les paysans troquent leur oui contre un accord favorable avec l’OMC

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