KIRGHIZSTAN - LITTERATURE

Les obsèques nationales de l'écrivain Aïtmatov

Plus de 20 000 personnes ont rendu un dernier hommage au grand écrivain kirghize Tchinguiz Aïtmatov, qui écrivait en russe et en kirghize et fut un allié politique de Mikhaïl Gorbatchev au temps de la Perestroïka.

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La dépouille d'Aïtmatov, décédé mardi à Nuremberg en Allemagne à l'âge de 79 ans, a reposé pendant plusieurs heures dans la salle philarmonique d'Etat, dans la capitale Bichkek, avant d'être porté en terre aux côtés de son père, dans un mémorial à une vingtaine de kilomètres de la ville.

 
Samedi était journée de deuil national pour l'occasion au Kirghizstan.

 
Des hommes, des femmes et des enfants ont fait la queue pendant trois heures par une température proche de 40° pour défiler devant le cercueil ouvert de l'ancien écrivain soviétique, dont la dépouille était drapée aux couleurs du Kirghizstan, le rouge et le jaune.

 
Né dans un petit ville de ce qui était alors la RSS de Kirghizie en 1928, Aïtmatov a remporté diverses récompenses littéraires à l'époque soviétique et son nom fut régulièrement cité pour le prix Nobel de littérature. Il occupa également des fonctions diplomatiques, en URSS comme dans le Kirghizstan indépendant.

 
Parmi ses oeuvres lse plus connues figurent "Djamilia" (1958), que Louis Aragon dans une préface présentait comme la plus belle histoire d'amour au monde, mais encore "Il fut un blanc navire" (1970), "Une journée plus longue qu'un siècle".

 
Certaines de ses oeuvres ont été portées à l'écran par le cinéaste Andreï Kontchalovski.

 
Sa carrière de diplomate a commencé sous la perestroïka, lorsqu'il devint un chaud partisan de la politique de "perestroïka" et de "nouvelle pensée" du numéro un soviétique Mikhaïl Gorbatchev. Dans les derniers temps de l'URSS, Gorbatchev le nomma ambassadeur soviétique en Belgique, aux Pays-Bas et au Luxembourg.

 
Après la chute de l'URSS fin 1991, Aïtmatov représenta son pays devenu indépendant que ce soit auprès du Benelux, en France, au sein de l'Otan et à l'Unesco.

 
"Tchinguiz Aïtmatov n'est plus avec nous, mais ses paroles de sagesse resteront à jamais", a déclaré samedi le président russe, Dmitry Medvedev.

 
Le chef de l'Etat kirghize, Kourmanbek Bakiev, a salué de son côté un artiste qui laisse une empreinte profonde sur la culture nationale mais aussi du monde entier.

 
"Grâce aux oeuvres du grand écrivain, le monde a pu connaître l'univers intérieur du peuple kirghize et son riche patrimoine culturel", a-t-il dit en évoquant la "contribution inestimable" d'Aïtmatov au renforcement de l'amitié entre les peuples du monde.
 

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