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Les Anjouanais se rendent aux urnes

Les habitants de l'île d'Anjouan ont voté pour élire un nouveau président. Cette élection doit ouvrir une nouvelle ère politique et sociale à Anjouan, une île de l'archipel des Comores, après le renversement du régime du colonel Bacar.

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Les Anjouanais ont voté dimanche pour élire leur nouveau président, une élection clef pour sortir de la crise cette île comorienne pauvre et dirigée d'une main de fer pendant sept ans par le colonel Mohamed Bacar, renversé lors d'une opération militaire en mars.

Près de 128.000 électeurs, sur une population de 250.000 personnes, étaient appelés aux urnes dans 240 bureaux de vote répartis sur cette île montagneuse, la plus pauvre et la plus peuplée des îles de l'archipel des Comores (Grande-Comore, Mohéli, Anjouan).

Dans la capitale Mutsamudu et les localités de Ouani et Mirontsi, la plupart des bureaux avaient fermé après 18h00 locales (15h00 GMT) et le dépouillement a commencé, a constaté un correspondant de l'AFP.

Ce scrutin, qui s'est déroulé dans le calme sous la supervision de soldats d'une mission de l'Union africaine (UA), semble avoir été marqué par une faible participation.

Les résultats provisoires pourraient être publiés lundi, même si les pénuries d'essence et les pannes d'électricité chroniques qui ont entravé la campagne électorale pourraient retarder ces résultats.

La Cour constitutionnelle aura ensuite 72 heures pour publier les résultats définitifs. Un éventuel deuxième tour a été prévu le 29 juin.

Cette élection est censée ouvrir une nouvelle ère politique et sociale à Anjouan, théâtre en mars d'une opération de l'armée comorienne soutenue par des troupes mandatées par l'UA, qui a conduit au renversement de M. Bacar.

Ce scrutin est également un test pour faire rentrer définitivement Anjouan dans le giron des institutions de l'Union des Comores.

En 1997, Anjouan avait en effet fait sécession. Le colonel Bacar avait ensuite pris le pouvoir par un coup d'Etat en septembre 2001, puis avait été élu président en 2002. En décembre 2001, les trois îles avaient voté la création de l'Union des Comores, qu'Anjouan avait réintégré.

Mais en juin 2007, la réélection de M. Bacar avait été jugée illégale par l'Union et l'UA, conduisant à son renversement militaire. Il est actuellement assigné à résidence dans une base militaire de l'île française de la Réunion.

Evoquant le peu d'empressement des Anjouanais pour le vote, le ministre comorien en charge des Elections, Mmadi Ali, a relevé auprès de l'AFP que la population d'Anjouan "avait été traumatisée par l'ancien pouvoir. On ne peut pas s'attendre à ce que le réveil se fasse automatiquement".

Mais pour un commerçant de Ouani, les difficultés du quotidien de cette île déshéritée, aggravées par l'augmentation mondiale des prix alimentaires et du pétrole, ont pris le pas sur l'enjeu du scrutin.

"Nous voulions le changement. Mohamed Bacar n'est plus là, mais nous ne voyons pas venir le changement. A Anjouan, il n'y pas d'essence, ni de gazole, il n'y a pas de riz, pas d'électricité. Comment voulez-vous que les gens aillent voter?", s'est-il exclamé sous couvert d'anonymat.

L'économie est exsangue, les pêcheurs ne vont plus en mer faute de carburant. "On a perdu espoir. Les leaders ne pensent qu'à eux. On n'a pas de riz, pas d'essence, pas de poisson. Pourquoi voter dans ces conditions?", s'est interrogé Nassur Allaoui, diplômé dans l'enseignement et chômeur depuis 2 ans.

Parmi les cinq candidats au scrutin, Mohamed Djaanfari, 56 ans, homme d'affaires spécialisé dans le transport maritime, fait figure de favori. Candidat malheureux à la présidence de l'Union des Comores en mai 2006, il a été un farouche adversaire de M. Bacar.

Face à lui, Moussa Toybou, ingénieur des travaux publics peu connu sur la scène politique, détient également un sérieux atout grâce au soutien du président de l'Union, Ahmed Abdallah Sambi.

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