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La Constitution du Kosovo entre en vigueur

Quatre mois après la déclaration d'indépendance, la Constitution du Kosovo entre en vigueur. La Kfor, la force de l'Otan déployée sur place, redoute de nouvelles violences entre Serbes et Albanais. (Récit : L. Cuvillier)

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BELGRADE - La Serbie a rejeté vendredi la proposition d'envoi au Kosovo d'une mission de police de l'Union européenne et a accusé le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon qui soutient ce projet d'outrepasser ses pouvoirs.

Quelques jours avant l'entrée en vigueur de la constitution du Kosovo le 15 juin, Ban Ki-moon a proposé de "reconfigurer" les activités de la mission des Nations unies au Kosovo (Minuk) pour permettre à l'Union européenne de prendre la relève de la police de Onu au Kosovo.

"Ban Ki-moon outrepasse ses pouvoirs. Le Conseil de sécurité des Nations unies est la seule autorité compétente pour décider si la Minuk doit être reconfigurée", a déclaré à la presse Slobodan Samardzic, le ministre serbe du Kosovo.

Le Kosovo, à majorité albanaise, est administré par les Nations unies et l'Otan depuis la fin de la guerre avec les forces serbes en 1999, mais l'UE a souhaité être présente après la déclaration d'indépendance du Kosovo le 17 février, contestée par la Serbie et la Russie.

Ban Ki-moon a proposé que la mission de police de l'UE, qui devrait compter 2.200 hommes et connue sous le nom d'Eulex, soit déployée sous le "parapluie" des Nations-Unies. Elle travaillerait en collaboration avec les 16.500 soldats de la paix de l'Otan.

"Je suis conscient que ce plan puisse ne pas satisfaire totalement toutes les parties, mais je crois honnêtement (...) que ce que j'ai proposé s'avérera la ligne suscitant le moins d'objections pour tous et peut nous offrir une possibilité d'aller de l'avant", a déclaré Ban Ki-moon lors d'une conférence de presse avec le Premier ministre Gordon Brown à Londres.

"Mon but est de parvenir à un modus vivendi acceptable pour les parties avec le soutien de tous les parties prenantes au niveau international. Je crois sincèrement que ce plan parvient à cet objectif", a-t-il ajouté.

Le Premier ministre nationaliste Vojislav Kostunica estime que cette proposition constitue une violation de la souveraineté et de l'intégrité territoriale de la Serbie, tandis que le président Boris Tadic, pro-occidental, a écrit à Ban pour lui dire que sa proposition nécessitait l'appui du Conseil de sécurité.

"La reconfiguration de la présence internationale doit être décidée par le Conseil de sécurité", déclaré Boris Tadic selon la lettre diffusée à Belgrade.

Des diplomates occidentaux aux Nations unies, qui ont requis l'anonymat, ont exprimé leur satisfaction de voir Ban rester ferme malgré le risque de déplaire à la Russie, face à l'impasse sur le Kosovo au Conseil de sécurité.

Dans le cadre de la reconfiguration de la Minuk, les autorités serbes espèrent se voir accorder des droits d'administration importants sur le Nord du Kosovo, à majorité serbe, ce qui, estiment certains observateurs, pourrait être la première étape vers une partition de facto du Kosovo.

"La proposition est que la mission de l'UE soit déployée, mais aussi de légaliser ce qu'on appelle la 'partition douce'", estime Argon Bajrami, rédacteur en chef du quotidien Koha Ditore. "On va voir les Nations unies s'occuper les Serbes et l'UE des Albanais."
 

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