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Mugabe durcit le ton à deux semaines du second tour

Entre menaces et arrestations dans les rangs du MDC, Robert Mugabe ne semble pas disposé à laisser l'opposition, "ces pantins pathétiques", prendre le pouvoir au Zimbabwe. (Récit : P-L. Viollat)

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HARARE - Le président Robert Mugabe a juré samedi que le Mouvement pour le changement démocratique (MDC), la principale formation de l'opposition, ne parviendrait jamais au pouvoir au Zimbabwe, et il s'est déclaré prêt à lutter pour cela.

"Nous n'accepterons jamais, jamais (que le MDC arrive au pouvoir). Voir ces pantins pathétiques prendre le contrôle du pays? Cela n'arrivera pas!", a-t-il dit.

"Nous sommes prêts à nous battre (pour le pouvoir) si nous le perdons de la même façon que nos ancêtres l'avaient perdu (face au pouvoir colonial britannique)", a-t-il assuré.

Le dirigeant du MDC, Morgan Tsvangirai, doit affronter Mugabe lors du second tour de la présidentielle, le 27 juin, après avoir remporté le premier tour fin mars, sans pour autant franchir, d'après les résultats officiels, la barre des 50%.

Tsvangirai et 11 de ses collaborateurs ont été interpellés par la police samedi matin à un barrage routier, avant d'être relâchés trois heures plus tard. Le chef de file de l'opposition a déjà été interpellé à plusieurs reprises cette semaine.

De son côté, le secrétaire général du MDC, Tendai Biti, arrêté jeudi à son retour au Zimbabwe, a comparu samedi devant la justice.

Lors d'une séance à huis clos, des procureurs ont déclaré qu'ils comptaient l'inculper de trahison et d'avoir porté atteinte aux intérêts de la nation en faisant certaines déclarations. S'il est reconnu coupable de tels chefs d'inculpation, il risque la peine de mort, a déclaré son avocat.



Discours de plus en plus offensif

Après sa comparution, la police a emmené Biti, qui pourrait comparaître de nouveau lundi devant la justice, a dit son avocat à la presse.

Le MDC, qui a remporté les législatives, accuse le chef de l'Etat, âgé de 84 ans, d'orchestrer une campagne d'intimidation pour s'assurer la victoire au second tour.

Le MDC affirme que 66 de ses partisans ont été tués dans diverses attaques depuis les élections du mois de mars.

Mugabe, lui, impute les violences au MDC. Son discours devient de plus en plus offensif à mesure que s'achemine vers le second tour. Samedi, le chef de l'Etat a affirmé de nouveau que les pays occidentaux s'ingéraient dans les affaires politiques du Zimbabwe en soutenant le MDC.

"Nous sommes devenus la cible des Britanniques et des Américains. Les Etats-Unis ont fourni 70 millions de dollars au MDC pour que le régime change (...) et le Premier ministre britannique Gordon Brown s'immisce dans nos affaires intérieures", a martelé le président.

"Jamais plus, ce pays ne doit repasser sous la coupe de l'homme blanc, que ce soit directement ou indirectement. Pas tant que nous serons en vie, nous qui avons combattu pour sa libération", a-t-il dit sous les acclamations de milliers de ses partisans, dont des militaires.

De son côté, l'épouse de Mugabe, Grace, a déclaré lors d'un meeting de campagne que le parti au pouvoir, la Zanu-PF, ne devrait jamais accepter un gouvernement d'union nationale avec le MDC.
 

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