COTE D'IVOIRE - REPORTAGE

Paris veut des "relations normales" avec Abidjan

En visite en Côte d'Ivoire, Bernard Kouchner s'est rendu au lycée français d'Abidjan, qui rouvre en septembre, quatre ans après avoir été saccagé lors des manifestations anti-françaises. (Récit : H. Drouet)

Publicité

La France souhaite que le scrutin présidentiel en Côte d'Ivoire puisse se tenir comme prévu le 30 novembre et ne soutiendra que le "candidat qui gagnera", a déclaré le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner, en visite dans ce pays.

"La France soutiendra le candidat qui gagnera et personne d’autre", a déclaré M. Kouchner selon le script d'un entretien diffusé dimanche par Radio France internationale (RFI).

"Je le dis très clairement à nos concitoyens, aux Français que je rencontre ce soir. Nous ne sommes plus, de ce point de vue, ceux qui interviennent pour maintenir les gouvernements en place en Afrique. C’est terminé tout ça", a ajouté M. Kouchner.

Outre le président Laurent Gbagbo -qui n'a pas fait savoir s'il serait candidat- M. Kouchner a rappelé avoir rencontré notamment les responsables de l'opposition et candidats à la présidence Alassane Ouattara et Henri Konan Bédié.

"Nous espérons, nous voulons, nous souhaitons, nous sommes prêts à faire tout ce que nous pouvons pour que les élections se tiennent à une bonne date, à la date précise et qu’elles soient contrôlées, et qu’elles puissent se dérouler dans des conditions de sécurité", a dit M. Kouchner.

Evoquant les difficultés d'organisation du scrutin, M. Kouchner a de nouveau exclu que la France apporte un financement direct.

"Il manque apparemment beaucoup d’argent, beaucoup de milliards de CFA, pour que le processus d’inscription puisse aller à son terme, et ce n’est pas à nous de le faire. Mais nous pouvons y participer à notre mesure. Libre et indépendante est la Côte d’Ivoire, et nous tenons à ce qu’elle le reste", a-t-il dit.

Ce déplacement de M. Kouchner, première visite d'un ministre français des Affaires étrangères à Abidjan depuis 2003, marque le réchauffement des relations entre les deux pays.

Ces relations avaient traversé une période de vive tension, sous la présidence de Jacques Chirac, lors la tentative de renversement du président Gbagbo par la rébellion en 2002 et la mort de neuf soldats français en 2004 lors d'un bombardement de l'aviation ivoirienne.

Laurent Gbagbo estime que l'heure de la réconciliation franco-ivoirienne était "proche", dans une interview parue samedi.
 

Le résumé de la semaineFrance 24 vous propose de revenir sur les actualités qui ont marqué la semaine