Accéder au contenu principal
TCHAD - EXCLUSIF

Président de l'UDC : "l'est du Tchad est entre nos mains"

3 min

L'Union pour le changement démocratique (UDC), mouvement rebelle tchadien, affirme que les forces rebelles ont pris possession de l'est du Tchad. L'ambassadeur du Tchad en France soutient qu'ils n'iront pas plus loin. (Récit : P-L Viollat)

Publicité

GOZ-BEÏDA, Tchad - La rébellion tchadienne a progressé dimanche en direction de N'Djamena, prenant brièvement le contrôle d'une petite localité située à 700 km à l'est de la capitale.

Une autre colonne rebelle avait attaqué la veille Goz-Beïda, plus proche du Soudan, avant de se retirer vers la frontière.

Ali Gadaye, porte-parole de l'Alliance nationale qui veut renverser le régime "décadent" du président Idriss Déby, a annoncé que les rebelles avaient occupé dimanche matin la ville d'Am-Dam, à 120 km au nord-ouest de Goz-Beïda, sans se heurter à une force résistance.

"Nous venons de quitter la ville d'Am-Dam, nous continuons", a-t-il précisé dans la soirée.

Un autre porte-parole des rebelles, Abderaman Koulamallah, de l'Union pour le changement démocratique (UDC), a lui aussi déclaré que les forces rebelles avaient poursuivi au-delà cette petite localité en direction de l'ouest, vers N'Djamena.

Des forces régulières tchadiennes ont pris position sur la principale route menant à la capitale, a-t-il ajouté. "Nous pourrions nous heurter à eux dans les prochains jours, voire les prochaines heures."

A N'Djamena, le ministre tchadien de l'Information, Mahamat Hissene, a confirmé qu'une colonne rebelle avait traversé Am-Dam. "Comme pour Goz-Beïda, les mercenaires ont fait un passage a Am-Dam, une localité où il n'y a qu'une poignée de gendarmes", a-t-il dit à la presse. "La strategie des mercenaires est de faire sortir l'armée de son dispositif, mais l'armée va continuer d'appliquer son plan."

 
OFFENSIVE SUR N'DJAMENA JUGÉE PEU PROBABLE

En février, une précédente offensive avait porté les rebelles jusqu'à N'Djamena, où ils avaient encerclé le palais présidentiel d'Idriss Déby. Les rebelles avaient été repoussés, les combats avaient fait plusieurs centaines de morts.

Dans une note diffusée dimanche, l'Onu a appelé ses employés à se tenir prêts à toute éventualité. Toute mission des Nations unies vers le Tchad est par ailleurs annulée jusqu'à nouvel ordre.

Pour David Buchbinder, de l'organisation Human Rights Watch, il est peu probable cependant que les rebelles rééditent leur offensive de l'hiver. "Nous sommes déjà au début de la saison des pluies, plus ils restent à l'intérieur du pays, plus le risque qu'ils prennent est élevé parce que la pluie coupe leurs moyens de retraite vers le Soudan", a-t-il dit à Goz-Beïda.

Il estime plus probable que les forces de l'Alliance nationale se livrent dans les prochains jours à des opérations de guérilla dans l'Est. "D'Am-Dam, ils peuvent aller au nord vers Abéché, à l'ouest vers N'Djamena ou revenir sur Goz-Beïda. Le consensus général, c'est qu'une attaque sur N'Djamena est improbable du fait de la saison des pluies."

Des renforts militaires se sont mis en route samedi de N'Djamena en direction de l'est.

Dimanche, l'armée nationale tchadienne, avec des pick-up équipés de mitrailleuses lourdes et de lance-roquettes, était très présente autour de la localité de Goz-Beïda.

Des soldats irlandais de l'Eufor, la force européenne déployée dans l'est du Tchad, ont également patrouillé dans la ville et les camps de réfugiés voisins, après avoir essuyé des tirs la veille alors qu'ils surveillaient les combats entre rebelles et armée tchadienne.

Selon les volontaires humanitaires présents sur place, les accrochages entre rebelles et forces régulières ont fait 24 blessés. Le gouvernement tchadien a affirmé qu'une femme avait été tuée dans les affrontements.

Des cratères d'un mètre de large, provoqués par l'explosion de roquettes, étaient visibles dimanche matin près du camp de réfugiés de Djabal, où les soldats irlandais se sont brièvement déployés pour rassurer les 15.000 réfugiés venus du Darfour soudanais.

Le marché dominical a été annulé et les liaisons de téléphonie mobile entre Goz-Beïda et Abéché, la grande ville de l'Est, étaient impossibles.

Le résumé de la semaineFrance 24 vous propose de revenir sur les actualités qui ont marqué la semaine

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.