ETATS-UNIS - ISRAEL

Rice s'inquiète de la poursuite de la colonisation

"Je m'inquiète beaucoup du fait que (...) la poursuite de la colonisation peut empêcher les négociations de progresser", a affirmé la secrétaire d'Etat américaine à Jérusalem, avant un entretien avec son homologue israélienne Tzipi Livni.

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La secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice a critiqué la poursuite de la colonisation israélienne, dimanche, dès le début d'une tournée en Israël et en territoire palestinien.

"Je m'inquiète beaucoup du fait qu'au moment où nous cherchons à créer la confiance entre les parties, la poursuite des constructions et de la colonisation peut empêcher les négociations de progresser", a affirmé Mme Rice à la presse avant ses entretiens avec son homologue israélienne Tzipi Livni.

Arrivée samedi à Jérusalem pour tenter de ranimer un processus de paix qui piétine, Mme Rice a fait ces déclarations après que les autorités israéliennes eurent annoncé vendredi un nouveau projet de construction de 1.300 logements dans un quartier de colonisation à Jérusalem-est annexée.

Mark Regev, porte-parole du Premier ministre Ehud Olmert, a pour sa part réaffirmé les positions d'Israël. "Jérusalem c'est Jérusalem, et la Cisjordanie c'est la Cisjordanie", a-t-il dit.

Il faisait ainsi allusion au fait qu'Israël considère que la partie arabe de Jérusalem conquise durant la guerre de juin 1967 fait partie de son territoire et que les constructions de logements peuvent s'y poursuivre.

La communauté internationale, y compris les Etats-Unis, n'ont jamais reconnu cette annexion de Jérusalem-est, dont les Palestiniens veulent faire la capitale de leur futur Etat.

Après avoir rencontré Mme Livni, la secrétaire d'Etat américaine s'est entretenue avec le ministre israélien de la Défense Ehud Barak et le chef d'état major le général Gaby Ashkenazi.

Lors de cette rencontre, elle a de nouveau remis sur le tapis la question des colonies et insisté pour qu'Israël lève des barrages routiers en Cisjordanie occupée, apprend-on auprès du ministère de la Défense.

M. Barak a insisté, quant à lui, sur l'importance pour la sécurité des barrages compte tenu selon lui d'un risque accru de tirs de roquettes à partir de la Cisjordanie.

Israël maintenait fin en mai en Cisjordanie occupée plus de 600 barrages et obstacles entravant la circulation des Palestiniens, selon un rapport de l'ONU.

L'armée israélienne a annoncé avoir démantel quatre barrages fixes et 90 obstacles de terre ces dernières semaines, dont dix ces derniers jours.

Mme Rice s'est rendue ensuite à Ramallah pour rencontrer le président palestinien Mahmoud Abbas et le Premier ministre Salam Fayyad. Elle doit aussi participer à Jérusalem à une discussion trilatérale avec Mme Livni et le négociateur palestinien Ahmad Qoreï. Dans la soirée elle est invitée à dîner par M. Olmert.

Avant son arrivée, elle avait évoqué la nécessité pour Israël de lever un certain nombre de barrages routiers de l'armée israélienne en Cisjordanie afin de faciliter la circulation des Palestiniens.

Mme Livni a pour sa part prévenu que la situation était "compliquée" en Israël alors que Washington espère toujours annoncer un accord israélo-palestinien avant la fin de l'année.

"Tout en négociant avec les Palestiniens, nous devons nous occuper des difficultés sur le terrain, notamment dans la bande de Gaza qui est contrôlée par le Hamas", a ajouté la ministre israélienne.

Mme Rice a elle aussi admis que la situation était "compliquée". Les chances de parvenir à un accord de paix avant la fin 2008 semblent s'éloigner du fait de la crise politique en Israël, où M. Olmert est soupçonné dans une affaire de corruption.

"Que cela ne nous empêche pas de chercher la solution au conflit en vue de laquelle vous oeuvrez", a-t-elle répliqué à Mme Livni.

Le ministre des Infrastructures Binyamin Ben Eliezer a pour sa part estimé à à la radio militaire que "le gouvernement ne fonctionne plus en raison de l'atmosphère d'incertitude et de déstabilisatioin politique".

 

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