MACEDOINE

Scrutin législatif sans heurts en Macédoine

Le scrutin législatif partiel en Macédoine s'est déroulé dans le calme, sauf dans quelques zones à majorité albanaise, où de légers incidents ont été enregistrés. Il y a deux semaines, les violences avaient fait un mort.

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La Macédoine a voté sans incident majeur dimanche lors d'un scrutin législatif partiel, un progrès après les violences qui ont marqué le vote il y quinze jours mettant en péril la poursuite de l'intégration du pays aux institutions euro-atlantiques.

"Les élections se sont déroulées pacifiquement et dans la plupart des cas le vote a été réalisé conformément à la loi", a indiqué à l'AFP le porte-parole de la Commission électorale macédonienne, Zoran Tanevski après la fermeture des bureaux de vote à 19H00 (17H00 GMT).

Le bon déroulement de ce scrutin qui a concerné quelque 200 bureaux (environ 10 % du corps électoral) où des violences avaient été eu lieu lors du vote du 1er juin, était indispensable pour permettre à la Macédoine de progresser vers l'Union européenne (UE) et l'Otan.

Il est "impératif que les nouveaux votes aient lieu en conformité avec les règles internationales", avait averti récemment le commissaire à l'Elargissement, Olli Rehn

De légers incidents ont toutefois été enregistrés dans des zones à majorité albanaises. Près de la ville de Tetovo (à l'ouest de Skopje), trois personnes ont été arrêtées pour tentative de fraude et un électeur a été battu à Kondovo (près de la capitale), selon la police.

Selon des sources proches des partis albanais, un militant du Parti démocratique des Albanais (DPA), aurait fait l'objet de tirs près de Gostivar (ouest), une ville à majorité albanaise, mais la police n'a pas confirmé cet incident.

Lors vote du 1er juin, les violences avaient fait un mort et une dizaine de blessés dans des régions peuplées majoritairement d'Albanais qui au total représentent environ 25 % des quelque deux millions de Macédoniens.

L'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) avait alors prononcé un verdict sévère reprochant aux deux principaux partis albanais, l'Union démocratique pour l'intégration (DUI) et le DPA "des tentatives organisées de perturber" le vote.

Son appréciation définitive, qui dépendait du scrutin renouvelé de dimanche et était attendue lundi dans la journée, devrait être plus favorable.

Pour mettre toutes les chances de leur côté les autorités ont nettement renforcé les mesures de sécurité et d'importantes unités de police ont été déployées près des bureaux où le scrutin était renouvelé.

Le vote de dimanche ne devrait pas avoir d'impact sur le résultat global des législatives qui ont d'ores et déjà été remportées par le parti conservateur (VMRO-DPMNE) du Premier ministre sortant Nikola Gruevski.

Il pourrait toutefois modifier le rapport de forces entre les deux principaux partis albanais et déterminer celui qui fera partie de la prochaine coalition gouvernementale.

L'UE a récemment réaffirmé sa volonté d'intégrer la Macédoine, officiellement candidate à l'adhèsion depuis décembre 2005 mais qui attend toujours une date pour commencer les négociations.

Le soutien de l'UE est d'autant plus important que Skopje est engagé avec Athènes dans une querelle sémantico-politique sur le nom de la Macédoine que la Grèce considère comme faisant partie de son patrimoine historique.

Athènes a bloqué lors du sommet de l'OTAN à Bucarest début avril l'ouverture de négociations d'adhésion de la Macédoine à l'Alliance et s'est montrée décidée à maintenir cette position tant que la dispute n'aura pas été réglée.

Cette querelle a ranimé les sentiments nationalistes en Macédoine permettant au parti conservateur de M. Gruevski de l'emporter lors des législatives du 1er juin.

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