CINEMA - FESTIVAL

Le portable se fait des films au Centre Pompidou

Le quatrième festival du Pocket Film présente, au Centre Pompidou, à Paris, des œuvres réalisées sur et pour les téléphones portables. Cette année, Isabella Rossellini a conçu huit courts-métrages. (Reportage : N. Ransom)

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La 4e édition du festival avant-gardiste "Pocket films" offre, de vendredi à dimanche, une brassée d'audacieux mini-films tournés avec la caméra d'un téléphone portable et signés par des cinéastes, des lycéens ou des citoyens, mais aussi la comédienne Isabella Rossellini.

Pocket Films a lieu au Centre Pompidou à Paris, car son organisateur le Forum des images, fermé pour travaux fin 2005, ne rouvre que le 5 décembre.

Le sadomasochisme de l'escargot ou la copulation effrénée de la mouche y seront dévoilés dans "Green Porno", série de films écrits, tournés et joués avec humour par l'ex-égérie de David Lynch et financés par le Sundance Institute, né du festival de cinéma indépendant créé par Robert Redford.

Projetés à la Berlinale 2008, ces huit documentaires d'une à deux minutes sur la vie sexuelle des insectes seront présentés par Isabella Rossellini lors d'une rencontre avec le public samedi à 18H30, l'un des moments forts de ce festival entièrement gratuit, dont le programme s'étoffe à chaque édition.

Sa "compétition grand écran", où seront projetés vingt films du monde entier réalisés avec un téléphone mobile ou un appareil photo numérique, se double cette année d'une deuxième, "écrans de poche", où concourent des films spécifiquement conçus pour une diffusion sur téléphone.

Ces vingt mini-fictions ou films animés mettent aussi bien en scène la vie quotidienne, virée dans le métro ou dialogue amoureux par SMS ("Crossed wires" du Canadien Elida Schogt), que des rêves farfelus ("La H no suegna" du Colombien Felipe Cardona, "Watermelon" du Chinois Meng Jinghui).

L'un d'eux, "Out in there", a été réalisé par le cinéaste chinois Jia Zhangke, dont "Still life" a gagné le Lion d'or au Festival de Venise 2006.

Pour la première fois, ces films longs de 30 secondes à 5 minutes et demie, à visionner sur des "arbres à portables" dotés de casques, seront pour la plupart téléchargeables sur clé USB, baladeur vidéo, téléphone.

Autre innovation : le court-métrage interactif "E1000" invite le spectateur à influer sur les rebondissements de l'histoire en envoyant des SMS ou en appelant un numéro gratuit qui s'affiche à l'écran lors de sa diffusion.

"Avec cette édition nous sentons que nous accompagnons un vrai démarrage, le 4e écran représenté par le téléphone portable est une formidable opportunité pour la création", a déclaré à l'AFP Laurence Herszberg, directrice du Forum.

Pocket Films, émaillé de débats, d'ateliers, de rencontres professionnelles, accueille aussi des projections dédiées à plusieurs festivals similaires du monde entier et aux projets artistiques innovants tels que CELLuloïd, organisé en 2008 par le Museum of Modern Art de New York (MoMA).

Mais le festival s'est aussi fait producteur, aux côtés de la chaîne franco-allemande Arte pour financer la "collection caméra de poche", une série de fictions de six minutes, tournées avec un téléphone portable par des cinéastes confirmés et des jeunes talents, qui seront diffusés ensuite sur le site arte.tv puis dans le magazine de la chaîne, Court-Circuit.

Pocket Films accueille aussi Stephen Dwoskin, photographe, plasticien et cinéaste new-yorkais underground, qui explore son intimité d'invalide au moyen de la caméra.

De son côté, la documentariste Marie-Dominique Dhelsing présentera des oeuvres de jeunes cinéastes de la République du Congo, tandis que "Génération mobile" dévoile des films signés par des lycéens de la région parisienne.
 

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