DEFENSE - LIVRE BLANC

Le renseignement au cœur des nouvelles priorités stratégiques

L'un des principales dispositions du Livre blanc sur la défense est la création d'un poste de coordinateur national du renseignement, qui encadrera le Conseil national du renseignement et dépendra du chef de l'Etat.

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Erigé en "fonction" stratégique, le renseignement est l'enfant chéri du Livre blanc sur la défense: "Monsieur renseignement" et Conseil national à l'Elysée, crédits doublés pour l'espace et "académie" pour les espions en herbe.

Symbole de cette place de choix: la fonction "connaissance et anticipation" rejoint les quatre piliers de la défense (dissuasion, protection, prévention et intervention), selon l'Elysée.

Jamais le renseignement n'aura été aussi proche du sommet du pouvoir exécutif: le président, principal "client" des "services", aura la main sur leur coordination, jusqu'ici dévolue aux services du Premier ministre.

En juillet, Bernard Bajolet, ambassadeur de 59 ans rompu au missions sensibles, de Bagdad à Alger qu'il s'apprête à quitter, deviendra le premier "coordonnateur national du renseignement" auprès de Nicolas Sarkozy.

Autour de lui, une petite dizaine d'experts triés sur le volet représentera les ministères concernés (Affaires étrangères, Défense, Intérieur) ainsi que les services civils et militaires, précise-t-on de source proche du dossier.

Outre ce coordonnateur, un Conseil national du renseignement, présidé par le chef de l'Etat et à la table duquel siègeront ministres et patrons des services orientera l'activité des quelque 12.000 hommes et femmes de l'ombre que compte la République.

Cette tâche était assurée jusqu'à présent par le Comité interministériel du renseignement (CIR), un service du Secrétariat général du gouvernement (SGDN), organisme relevant du Premier ministre.

"Le SGDN était censé coordonner, animer et orienter les services de renseignement. Il n'en a rien été", assure un proche du dossier.

Dans la réforme, le SGDN gagnera le "S" de sécurité pour devenir Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale mais perdra le CIR, dissous.

Coordonnateur et CNR répondent aussi à une exigence opérationnelle, sept ans après les attentats du 11 septembre. "Les choses sont beaucoup plus transversales et nébuleuses que du temps de la guerre froide", explique-t-on.

Comme le suggère l'intitulé du Livre blanc qui lie pour la première fois défense et sécurité nationale, ils auront la haute main sur les services intérieurs et extérieurs, civils et militaires.

Pour la Défense, il s'agit des Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), Direction du renseignement militaire (DRM) et Direction de la protection et de la sécurité de la défense (DPSD, ex-Sécurité militaire).

S'agissant de l'Intérieur, Direction de la surveillance du territoire (DST) et Renseignements généraux sont appelés à fusionner dans les prochaines semaines pour former une Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI).

S'ajoutent à ce dispositif la Direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières (DNRED), sans doute le plus secret de tous, ainsi que TRACFIN, cellule de lutte anti-blanchiment de Bercy et du Budget. "Al Capone est tombé à cause du fisc", rappelle-t-on...

Garant de "l'autonomie stratégique" de la France, le spatial militaire bénéficiera d'un sérieux coup de pouce avec le doublement de ses crédits d'ici à 2020 (380 millions d'euros en 2008).

Les "capteurs" seront privilégiés, imagerie ou écoutes (satellites, capteurs embarqués à bord d'avions, drones, stations terrestres, navires...).

La formation des futurs agents sera assurée par une "académie du renseignement" pour le compte de l'ensemble des services, militaires ou civils.
 

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