AFGHANISTAN - OTAN

L'Otan envoie des renforts à Kandahar

L'Otan et l'armée afghane ont envoyé des renforts à Kandahar, dans le sud de l'Afghanistan, alors que plus de 500 Taliban se sont regroupés dans deux villages proches. (Récit : K. Chabour)

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L'Otan et l'armée afghane ont annoncé lundi avoir envoyé des renforts à Kandahar, dans le sud de l'Afghanistan, pour "faire face à toute menace potentielle" après une évasion massive, alors que plus de 500 talibans se sont regroupés dans deux villages proches.

"Plus de 500 talibans se sont regroupés dans deux villages du district d'Arghandab, au nord de Kandahar", a déclaré à l'AFP le chef de la police de la province de Kandahar, Sayed Agha Saqeb.

"Nous nous préparons à mener une opération contre eux", a-t-il ajouté, sans être en mesure de préciser si ces talibans faisaient partie du millier d'évadés de la prison de Kandahar.

Des dizaines de familles, craignant d'être prises au milieu de l'affrontement à venir, ont abandonné leurs maisons et fui les villages de Nghan et Char Kolba, selon lui.

"Arghandab n'est pas sur le point de tomber aux mains des talibans, cela n'a aucun sens", a assuré le général Carlos Branco, porte-parole de la Force internationale d'assistance à la sécurité (Isaf) de l'Otan.

L'Otan et l'armée afghane ont annoncé lundi avoir envoyé des renforts à Kandahar, pour "faire face à toute menace potentielle", après l'évasion.

"Nous avons redéployé nos forces pour nous assurer que nous sommes capables de faire face à toute menace potentielle", a déclaré le porte-parole civil de l'Otan, Mark Laity, au cours d'une conférence de presse.

"Il faut bien reconnaître que cette évasion a redonné la liberté de circulation à un certain nombre de gens qui ne l'avaient plus. Bien sûr, nous voulons répondre à cette menace potentielle", a-t-il ajouté, faisant allusion aux quelque 400 talibans présumés évadés.

"Aujourd'hui, un certain nombre d'unités de l'armée nationale afghane ont été envoyées à Kandahar. L'envoi de troupes supplémentaires va se poursuivre", a ajouté pour sa part le général Mohammed Zaher Azimi, porte-parole du ministère de la Défense.

Vendredi, à la faveur de la nuit, les talibans ont attaqué la prison de Sarposa. Au moins un kamikaze a précipité un véhicule piégé contre la porte d'entrée de l'établissement, ouvrant une large brèche dans le mur d'enceinte, puis un commando a pris d'assaut la prison, à l'arme légère et au lance-roquettes.

Entre 900 et 1.100 prisonniers se sont évadés, parmi lesquels près de 400 talibans présumés, selon les autorités afghanes et l'Otan.

La province de Kandahar, berceau des talibans, est encore aujourd'hui l'un de leurs bastions.

Depuis le début de l'année, ces derniers mènent des opérations de plus en plus spectaculaires, comme l'attentat visant le 14 janvier le luxueux hôtel Serena de Kaboul, ou la tentative d'assassinat du président Hamid Karzaï lors d'un défilé militaire le 27 avril.

L'attaque de la prison se démarque toutefois de ces deux précédents cas par le fait qu'elle constitue un "succès indéniable", et non un acte de propagande masquant un échec militaire, selon une source militaire occidentale.

Elle est survenue au lendemain de la conférence de Paris, où la communauté internationale a promis plus de 20 milliards de dollars d'aide pour le développement et la reconstruction de l'Afghanistan.

Les talibans ont lancé une insurrection meurtrière depuis qu'ils ont été chassés du pouvoir en novembre 2001 par une coalition internationale emmenée par les Etats-Unis.

Les violences ont redoublé d'intensité depuis près de deux ans malgré la présence de 70.000 soldats de deux forces multinationales, l'une de l'Otan, l'autre sous commandement américain.

 

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