GUINEE - VIOLENCES

Affrontements entre policiers et militaires à Conakry

Les policiers guinéens, en grève pour obtenir une augmentation de leurs salaires, ont violemment affronté les militaires dans les rues de Conakry. Deux policiers sont morts et des dizaines de personnes ont été blessées.

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Au moins deux policiers ont été tués et des dizaines de personnes blessées mardi à Conakry lors d'affrontements entre des policiers, en grève pour une augmentation de leurs salaires, et des militaires, a-t-on appris de source policière.

"Nous avons perdu deux de nos hommes", a déclaré à l'AFP un haut responsable de la police qui s'exprimait sous couvert de l'anonymat.

Cette information a été confirmée par des habitants qui ont identifié deux corps dans les locaux de la Compagnie mobile d'intervention et de sécurité (Cmis), une unité d'élite de la police guinéenne dont le siège est situé près du centre-ville de Conakry.

"Nous n'avons pas encore accès à l'intérieur (du bâtiment) mais deux corps sont visibles de l'extérieur", a précisé un voisin. Les corps ont été identifiés par des jeunes.

Selon une source militaire, une centaine de policiers ont été arrêtés par des militaires et emmenés au camp Alfa Yaya Diallo, le plus grand du pays, situé près de l'aéroport international.

En raison des violences, une rencontre entre une délégation des policiers en colère et le Premier ministre guinéen, Ahmed Tidiane Souaré, prévue mardi matin, n'a pas eu lieu, selon une source policière.

Des militaires avaient donné l'assaut en fin de matinée contre les locaux de la Cmis, où s'étaient regroupés les policiers grévistes.

Cette attaque intervenait après un incident entre les deux corps lundi. Selon une source militaire, des policiers en grève avaient arrêté deux militaires et saisi un véhicule conduit par des soldats.

Les deux militaires ont été libérés lundi soir, en même temps qu'une dizaine de responsables de la police qui avaient été pris en otages par des policiers grévistes, et le véhicule a également été restitué aux militaires, selon la même source.

"Les militaires se sont sentis humiliés quand des policiers ont arrêté un de leurs véhicules et deux de leurs hommes", a dit une source militaire à l'AFP.

La hiérarchie militaire guinéenne n'a pas donné d'ordre pour attaquer la Cmis, a précisé cette source militaire guinéenne.
 

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