FRANCE - SOCIAL

La France touchée par une nouvelle journée de grève

Deux syndicats, la CGT et la CFDT, appellent à se mobiliser contre la réforme des retraites et la remise en cause des 35 heures. Ce mouvement, suivi par les fonctionnaires et les agents de la SNCF, devrait entraîner des perturbations limitées.

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Les salariés sont appelés mardi à une nouvelle journée d'action, dans un climat social paradoxal, avec des syndicats et un patronat jouant à contre-emploi et des mécontentements qui ne débouchent pas pour le moment sur un mouvement de contestation globale.

La CGT et la CFDT, rejointes par Solidaires (syndicats Sud) et la FSU (premier syndicat de l'Education), organisent des manifestations pour tenter de faire reculer le gouvernement sur la remise en cause des 35 heures et la réforme des retraites.

Les préavis de grève, notamment de la CGT à la SNCF et la RATP, sont destinés à permettre aux salariés de participer aux défilés et ne devraient entraîner que des perturbations limitées. Les syndicats enseignants entendent pour leur part ne pas perturber les épreuves du bac.

Bernard Thibault (CGT) souhaite un million de manifestants, ou au moins encore plus de monde que la précédente journée d'action sur les retraites, le 22 mai, qui avait réuni entre 300.000 personnes (selon la police) et 700.000 (selon les syndicats).

Le contexte semblait alors pourtant plus favorable à la mobilisation, puisque la totalité des syndicats avaient appelé à défiler contre l'allongement à 41 ans, d'ici 2012, de la durée de cotisation nécessaire pour une retraite à taux plein.

Cette fois-ci, quatre organisations - FO, CFE-CGC, CFTC et Unsa (syndicats autonomes) - refusent d'y participer, reprochant à la CGT et à la CFDT d'être en partie responsables des coups de butoir du gouvernement contre les 35 heures.

Ces deux syndicats ont en effet élaboré en avril avec le patronat une "position commune", réformant profondément les critères permettant aux syndicats d'être reconnus comme représentatifs et permettant par ailleurs d'augmenter, "à titre expérimental" et sous de strictes conditions, les contingents d'heures supplémentaires.

C'est dans le cadre d'un projet de loi transposant cette position commune, qui sera présenté mercredi en conseil des ministres, que le gouvernement a décidé d'aller plus loin contre les 35 heures, en permettant notamment, par des accords d'entreprises, d'allonger le temps de travail de façon nettement plus substantielle.

Bernard Thibault et son homologue de la CFDT François Chérèque se considèrent "trompés" par le gouvernement qui, selon eux, profite d'un texte qu'ils ont signé pour leur imposer des réformes dont ils ne veulent pas.

Mais, côté patronal, le Medef et la CGPME, pourtant hostiles aux 35 heures, critiquent aussi la méthode gouvernementale, qui, soulignent-ils, fait peu de cas des résultats de la négociation entre partenaires sociaux.

La présidente du Medef, Laurence Parisot, aux côtés de Bernard Thibault et François Chérèque, a ainsi demandé aux députés UMP de ne pas voter des dispositions que pourtant elle approuve sur le fond.

A l'inverse, la plupart des autres syndicats ne manifesteront pas contre un projet qu'ils rejettent totalement, tant sur les 35 heures que sur la représentativité. Sur ce dernier point, la réforme, qui prévoit des seuils de 8 à 10% des voix pour pouvoir négocier des accords, remet en question leur existence dans de nombreux secteurs et les oblige à des révisions ou rapprochements, comme celui en cours entre la CFE-CGC et l'Unsa.

Selon Jean-Claude Mailly (FO), le faible impact des grèves du 10 juin dans la Fonction publique et à la SNCF a montré que la répétition des journées d'action créait "un phénomène d'usure", malgré "un mécontentement qui gronde", particulièrement sur le pouvoir d'achat et la flambée des prix des carburants.

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