EADS - JUSTICE

Jean-Paul Gut, ancien dirigeant d'EADS, en garde à vue

L'ancien directeur général délégué d'EADS, Jean-Paul Gut, a été placé en garde à vue dans les locaux de la Brigade financière. Il est entendu dans l'affaire des délits d'initiés présumés commis au sein du groupe.

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L'ancien directeur général délégué d'EADS, Jean-Paul Gut, a été placé en garde à vue lundi dans les locaux de la Brigade financière dans l'affaire des délits d'initiés présumés commis au sein du groupe d'aéronautique européen, a-t-on appris mardi de sources proches du dossier.

La garde à vue de M. Gut, qui a quitté EADS en juin 2007, a été prolongée mardi matin de 24 heures, selon une de ces sources.

A l'issue de sa garde à vue, qui peut être interrompue à tout moment, Jean-Paul Gut peut être présenté aux juges Xavière Simeoni et Cécile Pendariès en vue d'une éventuelle mise en examen ou placement sous statut de témoin assisté.

Selon un rapport de l'Autorité des marchés financiers, Jean-Paul Gut a vendu en novembre 2005 et mars 2006 des stock-options que lui avaient attribuées le groupe pour un montant de 1,7 million d'euros, à un moment où il pouvait avoir bénéficié d'informations privilégiées sur les perspectives financières pessimistes du groupe et des retards dans les programmes A380 et A350.

Le gendarme de la Bourse épingle également 16 autres dirigeants ou anciens dirigeants d'EADS et d'Airbus, dont Noël Forgeard.

Celui-ci, ancien coprésident du groupe, a été le premier mis en examen pour délit d'initié le 30 mai par les deux magistrates.

"Jean-Paul Gut a pris l'initiative de demander à être entendu au plus vite par les magistrats instructeurs chargés du dossier EADS" afin d'éviter "des analyses biaisées et des présentations délibérément orientées des faits qui ont fait l'objet de fuites malveillantes", ont réagi ses avocats dans un communiqué.

L'ancien directeur général délégué, chargé du marketing, de la stratégie et de l'international, "peut ainsi s'expliquer enfin sereinement et être en mesure de démontrer qu'il ne bénéficiait d'aucune information privilégiée lorsqu'il a décidé de procéder à la levée de ses stocks-options", ont ajouté Mes Eric Dezeuze, Yves Repiquet et Diane Pasturel.

Cette vente s'inscrivait, selon eux, "dans le cadre de sa pratique constante de levée de ses options" et "s'est déroulée dans le strict respect des réglementations et des règles internes d'EADS, et aux dates autorisées".

Le groupe aéronautique et de défense européen a quant à lui fait savoir qu'il n'y avait pas lieu de "confirmer, d'infirmer ou de commenter les éventuelles mesures d'instruction en cours".

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