TCHAD - SOUDAN

Le Tchad affirme avoir été attaqué par le Soudan

Alors que le gouvernement tchadien déclare que "l'armée soudanaise" a attaqué la garnison d'Adé, à la frontière avec le Soudan, l'Alliance nationale rebelle affirme occuper la localité d'Am-Zoer. (Récit : P-L. Viollat)

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Retrouvez l'émission "A La Une" sur le thème "Tchad : à quoi joue la France ?", présentée par Gauthier Rybinski.



Alors que les rebelles affirment poursuivre leur marche vers la capitale pour renverser le président Idriss Deby Itno, le gouvernement tchadien a accusé mardi des soldats soudanais appuyés par des hélicoptères d’avoir attaqué dans la matinée la garnison de la ville tchadienne d'Adé, dans l'est du pays, à la frontière du Soudan.

 

"Les colonnes de mercenaires envoyées en territoire tchadien ayant échoué à s'implanter dans des points stratégiques, l'armée soudanaise est entrée elle-même en action ce matin 17 juin 2008 en attaquant la garnison de l'armée tchadienne à Adé avec des troupes au sol appuyées par des hélicoptères", a précisé le gouvernement de N'Djamena dans un communiqué.

 

L’affirmation a été rejetée par Abdelwahid Aboud Mackaye, président de l’une des factions rebelles, l’UFDD-Fondamentale, dans un entretien exclusif avec FRANCE 24 à partir de la frontière soudano-tchadienne.

 

Un peu plus tôt mardi, les rebelles tchadiens ont déclaré avoir pris la localité d'Am-Zoer, dans l'est du pays, se rapprochant ainsi de la ville d'Abéché, centre névralgique des opérations humanitaires internationales le long de la frontière avec le Soudan. La veille, ils avaient annoncé la prise de Biltine, une petite ville située à 700 kilomètres à l’est de la capitale N’Djamena, cinq jours après le début de l’offensive lancée dans l’est du pays.

 

Tensions aux frontières

 

Les deux pays entretiennent des relations tendues depuis cinq ans. Le gouvernement tchadien a accusé à plusieurs reprises Khartoum de soutenir les rebelles tchadiens, et vice-versa. Interviewé dimanche par FRANCE 24, l’ambassadeur du Tchad en France, Hissein Brahim Taha, pointe du doigt ses voisins : "Les Soudanais sont une fois de plus en train d’armer des Tchadiens et de les aider à désétatiser leur pays (…) et l’Afrique toute entière", avant d’ajouter que, pour lui, la responsabilité du Soudan ne faisait aucun doute. 

 

Lundi, Latif Zoheir, correspondant de FRANCE 24, avait noté depuis à Al-Geneina, à la frontière entre le Tchad et le Soudan, des mouvements de rebelles entre les deux pays : "Nous avons vu pas mal de voitures et de convois de l’opposition tchadienne s’orienter vers les territoires tchadiens". Notre correspondant avait noté une "présence assez importante de l’armée soudanaise au niveau des frontières".

 

Deby accuse l’Eufor de "fermer les yeux"

 

A la suite de la déclaration française selon laquelle Paris "n’interviendra plus" pour soutenir le président tchadien, Idriss Deby Itno a violemment critiqué lundi, pour la première fois, l’Eufor, la force européenne déployée dans l'est du pays pour protéger les réfugiés du Darfour et les déplacés tchadiens. Il l’a notamment accusée de "fermer les yeux" sur les meurtres de civils et de réfugiés par les rebelles. 

 

En réponse aux déclarations du président tchadien, le diplomate en chef de l’Union européenne, Javier Solana, a rétorqué mardi que l’Eufor se comportait "de manière stricte" et selon son mandat. "La mission de la Force n'a pas changé", a-t-il déclaré en marge du salon international de la Défense Eurosatory à Villepinte.

 

L'Eufor a pour mandat principal de protéger les réfugiés du Darfour dans l'est du Tchad et le nord-est de la Centrafrique, ainsi que les déplacés tchadiens et centrafricains, soit plus de 450 000 personnes.

 

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