JAPON - PEINE DE MORT

Trois condamnés à mort exécutés au Japon

Trois condamnés à mort japonais ont été exécutés mardi. Ces pendaisons portent à 23 le nombre d'exécutions dans le pays depuis la rupture d'un moratoire de 15 mois en décembre 2006.

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Le Japonais Tsutomu Miyazaki, condamné à mort pour l'assassinat de quatre fillettes et pour avoir bu le sang de deux d'entre elles dans les années 1980, a été pendu mardi à l'aube en même temps que deux autres condamnés pour meurtre, a annoncé le ministère de la Justice.

Miyazaki, 45 ans, avait été interpellé en juillet 1989 alors qu'il tentait de prendre des photos d'une petite fille dénudée.

Il avait ensuite avoué avoir assassiné à Tokyo et dans les environs de quatre petites Japonaises, âgées de 4 à 7 ans, et des actes de cannibalisme sur deux dépouilles.

Miyazaki avait mutilé le corps de ses victimes, pour satisfaire des appétits sexuels, bu leur sang et dormi à côté des cadavres.

Il avait ensuite fait parvenir des lettres aux médias pour revendiquer les meurtres sous un nom de femme et envoyé les restes du cadavre d'une de ses victimes à sa famille. Condamné à mort en première instance et en appel, sa peine avait été définitivement confirmée par la Cour suprême en janvier 2006, malgré les appels à la clémence de ses avocats qui plaidaient la folie.

Quelque 5.700 cassettes vidéo contenant pour la plupart des images atroces avaient été découvertes au cours d'une perquisition à son domicile de la préfecture de Saitama, dans la banlieue nord de Tokyo.

Au cours de son procès, il avait clamé son désir de devenir célèbre et comparé le tribunal à "un gala de théâtre".

Quand son père, incapable de supporter les actes de son fils, s'était suicidé en sautant dans une rivière en 2004, Miyazaki avait envoyé un mot à un éditeur dans lequel il affirmait: "je me sens plus frais".

Son cas avait amené le Japon à s'interroger sur l'influence néfaste de certaines séries télévisées et bandes dessinées ultraviolentes.

Il avait aussi inspiré au moins un autre crime atroce: en 2004, un livreur de journaux arrêté pour avoir noyé une fillette de sept ans dans sa baignoire et envoyé des photos du crime à la mère de la victime sur son téléphone portable avait affirmé vouloir devenir "un deuxième Tsutomu Miyazaki".

Les autres condamnés exécutés mardi sont Shinji Mutsuda et Yoshio Yamasaki, tous deux condamnés pour des meurtres, a précisé le ministère de la Justice.

Le Japon est l'un des seuls pays industrialisés avec les Etats-Unis à appliquer encore la peine capitale.

Cette triple pendaison porte à 23 le nombre d'exécutions au Japon depuis le 25 décembre 2006 et la rupture d'un moratoire de facto de quinze mois, appliqué en raison des convictions abolitionnistes du ministre de la Justice de l'époque, Seiken Sugiura.

 

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