IRAK - ETATS-UNIS

Un 7e Marine blanchi au procès de Haditha

Un Marine traduit pour son rôle présumé dans l'affaire de la tuerie de Haditha a bénéficié d'un non-lieu. Il est le septième soldat blanchi après avoir été mis en cause dans le pire crime de guerre reproché aux Américains en Irak.

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Un colonel des Marines traduit en cour martiale pour son rôle présumé dans l'affaire de la tuerie de Haditha a bénéficié d'un non-lieu mardi, devenant le septième soldat blanchi après avoir été mis en cause dans le pire crime de guerre reproché aux Américains en Irak.

Le colonel Jeffrey Chessani, le plus haut gradé à avoir été inculpé dans une affaire de crime de guerre en Irak depuis l'invasion du pays par la coalition américano-britannique en mars 2003, était accusé d'avoir "manqué à son devoir d'officier" et de ne "pas avoir exécuté un ordre légal".

Le juge militaire qui devait présider au procès de l'accusé à Camp Pendleton (Californie, ouest) a décidé d'abandonner toutes les charges contre lui, a indiqué à l'AFP un porte-parole de la base, sans donner plus de détails.

Selon le journal local North County Times, ce juge, le colonel Steven Folsom, a estimé que le dossier contre l'officier avait été "faussé", l'un des principaux témoins de l'accusation ayant auparavant conseillé le général des Marines qui avait approuvé l'inculpation.

Le colonel Chessani, l'un des huit Marines initialement inculpés et le septième à être blanchi, n'était pas directement mis en cause dans la tuerie lors de laquelle 24 civils irakiens avaient perdu la vie, mais le parquet lui reprochait de n'avoir pas correctement enquêté sur l'affaire.

Les faits remontaient au 19 novembre 2005, lorsqu'un militaire américain participant à une patrouille avait été tué par une bombe artisanale placée en bord de route dans le village de Haditha, à 260 km à l'ouest de Bagdad.

Selon les avocats des Marines, des insurgés cachés dans des maisons civiles ont alors commencé à tirer, et un combat s'est engagé, dans le respect des règles d'ouverture du feu fixées par le haut commandement.

Toutefois, selon l'accusation, il n'y avait pas d'insurgés et les militaires se sont lancés dans trois heures de tuerie pour venger leur camarade, abattant même les cinq occupants d'un taxi qui s'approchait du quartier. Parmi les victimes, 10 étaient des femmes ou des enfants, tués à bout portant.

Sur les huit Marines inculpés, quatre étaient des soldats présents lors des faits et quatre des officiers soupçonnés de ne pas avoir cherché à déterminer les circonstances du drame.

Mais trois soldats et trois officiers avaient déjà bénéficié soit d'un non-lieu, soit d'un acquittement.

Réagissant à l'abandon des charges contre le colonel Chessani, 44 ans et père de six enfants, son avocat Brian Rooney a affirmé espérer que le parquet ne tenterait pas d'inculper son client une deuxième fois comme il en a la possibilité.

"Nous sommes prudemment optimistes sur le fait que l'affaire va se terminer", a déclaré Me Rooney, selon qui le colonel a l'intention de prendre sa retraite.

Après le non-lieu de mardi, seul un homme du rang reste passible de la cour martiale dans l'affaire de Haditha: le sergent Frank Wuterich, qui faisait dès le début figure d'accusé principal, étant mis en cause pour "homicide volontaire" sur au moins neuf personnes.

La procédure, instruite à Camp Pendleton, la plus grande base de Marines au monde à 130 km au sud de Los Angeles, avait été ouverte après la mise au jour de l'affaire par l'hebdomadaire Time au printemps 2006.

Dans la même affaire, récemment adaptée au grand écran ("Battle for Haditha" du Britannique Nick Broomfield), un général américain deux étoiles et deux autres officiers du corps des Marines ont reçu des blâmes mais ne seront pas poursuivis.

L'armée américaine est impliquée dans une série de scandales où des soldats sont soupçonnés d'avoir tué ou maltraité des civils irakiens de sang froid.
 

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