PETROLE

Bush favorable aux forages pétroliers en mer

George Bush a demandé au Congrès américain de lever l'interdiction des forages en mer, au large des Etats-Unis, pour augmenter les capacités de production de pétrole. Ce type de forages est interdit depuis 1981.

Publicité

Lisez l'analyse de Baptiste Fallevoz, journaliste spécialisé en économie

 

George W. Bush a demandé mercredi la levée de l'interdiction des forages pétroliers au large des Etats-Unis, se rangeant clairement au côté du candidat John McCain dans une campagne présidentielle dont le prix de l'essence est devenu un thème central.

M. Bush a aussi demandé au Congrès, où ses adversaires démocrates sont majoritaires, d'ouvrir à l'exploration une réserve naturelle arctique, devenue le symbole de la résistance écologique à l'exploitation pétrolière, et de cesser de s'opposer au recours au schiste bitumineux, qui peut produire du pétrole.

Il a aussi proposé une réforme des procédures d'autorisation pour permettre d'étendre les capacités de raffinage américaines en relevant que le pays n'avait pas construit de raffinerie depuis environ 30 ans.

Il paraît très peu probable que le Congrès accepte de lever l'interdiction de forages en vigueur depuis 1981, a fortiori dans les sept mois qui restent à M. Bush à la Maison Blanche.

M. Bush lui-même a d'ailleurs reconnu qu'il faudrait "des années" pour que ses propositions produisent leur plein effet.

Mais sa déclaration à la Maison Blanche lui a donné l'occasion de confronter les démocrates à ce qui est, selon ses mots, "la préoccupation la plus pressante" de beaucoup d'Américains, et d'accuser ces mêmes démocrates d'être responsables des souffrances des Américains à la pompe.

"Le Congrès doit faire face à cette réalité: à moins que ses membres ne soient prêts à accepter que le prix de l'essence reste aux niveaux douloureux où il est aujourd'hui, ou même n'atteigne des niveaux plus élevés, notre pays doit produire plus de pétrole et doit commencer à le faire dès à présent", a-t-il dit.

"Malheureusement, les démocrates du Capitole (où siège le Congrès) ont rejeté pour ainsi dire toutes les propositions" pour augmenter les capacités pétrolières américaines, "et les Américains paient à présent à la pompe le prix de cette obstruction", a-t-il dit.

Selon lui, l'exploitation de la plateforme continentale sous-marine dans les Etats pourrait produire 18 milliards de barils, autant que l'actuelle production américaine pour environ dix ans.

En poussant à la reprise des forages dans les Etats où ils sont proscrits, M. Bush met son poids derrière le candidat républicain à sa succession, M. McCain, qui s'est prononcé la veille pour une telle mesure.

Il a avivé encore le débat électoral sur les moyens de soulager l'automobiliste américain à la pompe et sur la protection de l'environnement.

Mais il a aussi pris le risque de renforcer l'un des arguments des démocrates selon lequel, malgré l'affirmation par M. McCain de sa différence avec M. Bush sur l'environnement, une présidence McCain serait comme une troisième présidence Bush.

M. McCain s'est attiré les critiques des défenseurs de l'environnement et du camp de son probable adversaire démocrate Barack Obama en proposant la levée du moratoire fédéral sur l'exploration au large.

"Le revirement opéré cette semaine par le président Bush et le sénateur McCain n'est rien d'autre qu'un tour de passe-passe électoral et cynique qui ne fera pas baisser les prix de l'énergie et représente une capitulation supplémentaire devant des compagnies pétrolières qui font déjà des milliards de profits", a dit le chef de la majorité démocrate au Sénat, Harry Reid.

Si les parlementaires quittent la capitale pour la fête nationale du 4 juillet sans avoir agi, "les Américains demanderont à juste titre de combien les prix de l'essence doivent augmenter avant que le Congrès contrôlé par les démocrates ne fasse quelque chose", a répliqué M. Bush.

Mais, pour que les forages reprennent, il faut lever aussi bien une interdiction parlementaire qu'une interdiction présidentielle. Et M. Bush a indiqué qu'il laissait au Congrès le soin de légiférer le premier et qu'il agirait ensuite.
 

Le résumé de la semaineFrance 24 vous propose de revenir sur les actualités qui ont marqué la semaine